ONU : Le Maroc défend ses positions et intensifie ses actions diplomatiques

Le Maroc a bien marqué sa présence lors du débat ministériel du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine, organisé au siège de l’ONU à New York lundi 24 septembre 2018. Le Royaume s’est dit, par la voix de son ministre des Affaires étrangères et de la coopération, intimement convaincu que le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine a les capacités requises pour contribuer effectivement au règlement des multiples défis sécuritaires de plus en plus complexes auxquels fait face l’Afrique aujourd’hui. Lors de ce débat qui avait pour thème « L’état de la paix et de la sécurité sur le continent et les mesures prises pour promouvoir des solutions africaines aux problèmes africains », le Maroc a appelé à une réforme effective de ce conseil pour atteindre la paix en Afrique

« Le diagnostic de la situation sécuritaire dans notre Continent ne souffre d’aucune ambiguïté. Malgré les progrès réalisés, beaucoup reste à faire pour atteindre la paix en Afrique, mais nous disposons toutefois des potentialités et des atouts nécessaires pour hisser notre Continent au rang des plus grands sur la scène internationale », a affirmé Nasser Bourita.
Le ministre a évoqué dans ce cadre le rapport du Président du Rwanda, Paul Kagame, qui a préconisé une réforme complète du CPS, à travers une révision des membres de l’organe, un renforcement des méthodes de travail et un rôle plus grand des Etats membres, devant avoir le leadership dans la gouvernance.
La Feuille de route principale de l’Union africaine sur les étapes pratiques pour « Faire taire les armes en Afrique d’ici 2020 », a-t-il dit, « nous engage à atteindre l’objectif d’un continent exempte de conflits, à faire de la paix une réalité pour tous les peuples et à débarrasser l’Afrique des guerres, des conflits civils, des violations des droits de l’homme, des catastrophes humanitaires, des conflits violents et de prévenir le génocide ».
Pour le ministre, cette tâche monumentale nécessite d’entreprendre des actions simultanées dans les domaines interdépendants de la paix, de la sécurité, de la gouvernance, des droits de l’homme et du développement, rappelant que leur réalisation constitue toutefois un défi par la Commission de l’Union Africaine, dans la mesure où les actions engagées par celle-ci restent incohérentes.
Pour assurer la mise en œuvre effective et efficace de cette Feuille de route, a-t-il fait savoir, le Royaume met l’accent sur la nécessité de consolider une coopération étroite, aux niveaux transnational, sous-régional, régional et international, entre la police, les douanes, ainsi que les services de renseignement et de surveillance des frontières, en matière d’identification et de traçage d’armes à feu et d’enquêtes sur le trafic transnational des armes légères et de petit calibre, et l’utilisation de celles-ci à des fins criminelles, faciliter la circulation entre les frontières et promouvoir le partage des informations et d’expertises sur la circulation des armes illicites, dans la perspective de mettre en place d’une plateforme africaine commune permettant la facilitation des échanges de données.
Au sujet du financement, le ministre a précisé que celui-ci reste tributaire de l’opérationnalisation du Fonds pour la Paix du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, destiné à financer 25% des opérations de soutien à la paix, outre sa couverture des activités opérationnelles en matière de la médiation et la diplomatie préventive, ainsi que la capacité institutionnelle.
Pour lui, il est primordial que ce Fonds ne soit pas instrumentalisé à des fins purement politiques, et devrait, en outre, se consacrer aux activités de l’UA liées à la paix et à la sécurité, y compris les activités se rapportant à la prévention et au règlement des conflits.

Intenses activités diplomatiques.

Le Ministre des Affaires Étrangères et de la Cooperation Internationale, Nasser Bourita multiplie les rencontres, depuis hier lundi 24 septembre 2018, en marge de sa participation aux travaux de la 73ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York. Nasser Bourita s’est entretenu avec la ministre indienne des Affaires Étrangères Sushma Swaraj,  des moyens de renforcement des relations bilatérales entre les deux pays, ainsi que les questions d’intérêt commun.

Il a rencontré également Moussa Faki, président de la Commission de l’Union Africaine.

Le ministre Bourita s’est entretenu aussi avec la Représentante spéciale du Secrétaire Général de l’ONU pour les migrations, Louise Arbour.

L’échange a porté sur l’évolution des préparatifs du Sommet Mondial sur les Migrations qui aura lieu à Marrakech, les 10 et 11 décembre 2018.

Nasser Bourita a rencontré le ministre nigérien des Affaires Étrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur, Kalla Andourao. Et d’autres rencontres auront lieu en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU.

 

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