Un drame humanitaire occulté

Plus de 4.000 réfugiés ont été évacués de la Libye depuis le début de l’année 2018, a annoncé, lundi, le haut
Commissariat des nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Pour l’UNHCR, 4.080 réfugiés ont été évacués de Libye et 34.505 consultations médicales effectuées au cours de l’année écoulée jusqu’à la fin du mois de janvier dernier.
Par ailleurs, 6.219 familles ont reçu une aide en espèces et 1.311 kits d’abris ont été distribués à des Libyens déplacés à l’intérieur de leur pays, a ajouté la même source, qui précise que 56.643 réfugiés et demandeurs d’asile avaient déjà été enregistrés en Libye.

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée par deux entités rivales : le Gouvernement d’union nationale (GNA, basé à Tripoli) et reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle installé dans l’est et soutenu par le puissant maréchal Khalifa Haftar.
En septembre dernier, la Mission d’appui des Nations Unies en Libye avait annoncé que les différentes parties à la crise libyenne avaient convenu d’un plan appelant au retrait de tous les groupes armés de la capitale Tripoli.
Cet accord de cessez-le-feu entre les factions rivales avait été violé malgré les mises en garde de la mission de l’ONU en Libye.

Haro sur le renvoi de migrants chez le voisin !

L’organisation onusienne lance un appel aux États à cesser de renvoyer systématiquement des milliers de personnes vers des pays voisins sans des demandes d’asile ou des évaluations individuelles et aussi d’arrêter les arrestations. L’Algérie est visé par cet appel. L’UNHCR demande également que des efforts soient multipliés pour assurer la protection des enfants et l’accès à des voies plus légales et sûres. « Lors des douze derniers mois, des évolutions positives ont tout de même été observées. Un nombre plus élevé d’États se sont engagés pour la réinstallation de réfugiés évacués de Libye, ce qui a permis au HCR de mettre davantage de en sécurité par le biais du mécanisme de transit d’urgence établi au Niger », précise ce document qui précise par la suite que le HCR a ouvert le « centre de rassemblement et de départ à Tripoli ». Une chose qui a permis la mise en liberté de plusieurs détenus. Le HCR félicite l’action des pays de l’Union européenne pour avoir secouru plusieurs personnes en Méditerranée centrale.

 

 

Selon l’UNHCR, 4.080 réfugiés ont été évacués de Libye, mais le drame continue…

Ce rapport du HCR note qu’en 2018,le nombre d’arrivée en Europe par la Méditerranée s’est élevé à 116 647. En ce qui concerne le nombre de décès dans la mer, le HCR l’évalue à
2 275. Quant au nombre d’arrivées en Europe par la mer pour chaque décès en mer, cette organisation humanitaire l’estime à 1 décès pour 51 arrivées. Sur les voix terrestres, les décès s’élèvent à 136 personnes. Durant l’année écoulée, le nombre de réinstallés en Europe s’estime à 24 885 et le nombre d’évacués de Libye à 2 404. Les recommandations du HCR L’organisation recommande l’amélioration des mécanismes de sauvetage en mer, l’amélioration des capacités de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale tout en supprimant les restrictions des ONG, l’arrêt des arrestations arbitraires des réfugiés, des migrants et des personnes vulnérables par les autorités libyennes voire d’exiger leur libération, l’amélioration aux frontières des personnes ayant besoin de protection et de leur donner accès aux procédures d’asile, l’utilisation de procédures d’asile accélérées et simplifiées, permettre aux réfugiés et aux migrants n’ayant pas besoin de protection de retourner plus rapidement et en toute dignité chez eux. En outre, le HCR milite pour la protection des enfants en demandant de prendre en compte leur cas en les permettant notamment de bénéficier des protections. Pour
ce faire, il recommande le véhicule des informations sur les droits des enfants ainsi que les procédures d’asile.

Solidarité internationale

à travers son rapport, le HCR demande une solidarité internationale envers les pays qui constituent les voies des migrants. « Une solidarité et un soutien accrus impliqueraient notamment de mettre en place, dans le cadre de la réforme du règlement de Dublin, un mécanisme de transfert des demandeurs d’asile depuis les États membres de l’UE
qui reçoivent un nombre disproportionné de demandes d’asile vers les autres États membres de l’UE, et
de prendre des mesures de soutien supplémentaires pour renforcer les systèmes d’asile dans les Balkans occidentaux ainsi que dans les principaux pays de première arrivée en Europe, l’objectif étant entre autres de contribuer à réduire les mouvements secondaires irréguliers », lit-on dans le rapport dans lequel le HCR demande d’ « améliorer l’accès à des voies d’accès sûres et légales en s’engageant à réinstaller davantage de réfugiés, notamment les personnes évacuées de Libye, en prenant des mesures pour rendre les procédures de réunification familiale entièrement accessibles à tous les bénéficiaires d’une protection internationale grâce à la suppression des obstacles pratiques et juridiques, et en soutenant des solutions complémentaires d’admission, telle que des programmes communautaires de parrainage, des programmes de bourses et des dispositifs de mobilité des travailleurs. » ✱

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