ASF 2017 – Pour une réponse africaine aux défis sécuritaires

Ils étaient au moins 250 décideurs africains et experts marocains et internationaux, dont des délégations représentant 38 pays africains, à s’être appesantis sur les défis sécuritaires auxquels fait face le continent, lors de l’Africa Security Forum. Compte-rendu. Toerrorisme et Cyberespace», nouveaux théâtres des radicalisations », « Les nouveaux défis posés par les flux migratoires et la criminalité transnationale » et « La coopération interafricaine face à ces préoccupations », telles sont les trois grandes thématiques qui ont jalonné les travaux de l’édition 2017 de l’Africa Security Forum qui s’est tenu, à Casablanca, les 8,9 et 10 octobre. Un triptyque thématique, dialectiquement lié, qui résume bien les défis sécuritaires, notamment terroriste, auxquels fait face non seulement le continent africain, mais le monde entier. D’ailleurs, le ministre délégué marocain à l’Intérieur, Noureddine Boutayeb, l’a bien résumé en affirmant que le terrorisme demeure le premier défi de sécurité pour les Etats au 21è siècle.

Intervenant à l’ouverture de l’ASF, le responsable marocain a insisté sur le fait que « la menace ellemême est devenue de plus en plus fluctuante et insaisissable ». D’autant plus que « les métamorphoses des filières terroristes ont atteint, aujourd’hui, une ampleur sans précédent et sans commune mesure avec ce qui était la situation dans les années 1990 et 2000. », indique-t-il. Et d’ajouter que « cette situation de la menace terroriste qui tend à devenir une donne structurelle et à plafonner à un palier supérieur d’imminence et de gravité est due au fait que la stabilité de la région d’Afrique du Nord a été mise, ces dernières années, à rude épreuve, à cause de la prolifération de groupuscules terroristes et de la difficulté de plusieurs pays à contrôler leurs frontières ». Or, au regard des récentes évolutions, dans certains foyers de tension, notamment en Irak et en Syrie, marquées par le recul des groupuscules terroristes sous les bombes des coalitions internationales, l’éventualité d’amplification de la menace n’est pas à éloigner. Une situation due, entre autres, « au risque avéré du retour imminent des terroristes » opérant au niveau desdits foyers de tension.

C’est que la menace est globale et dicte une réponse planétaire dans son ensemble, mais aussi au niveau continental. D’ailleurs, N.Boutayeb a rappelé, dans ce sens, que le Royaume met à la disposition des pays africains son expertise en matière de lutte contre le terrorisme, notamment en accueillant plusieurs contingents de cadres du continent qui bénéficient de formation dans des domaines variés de la sécurité.

Nécessaire cohérence…

Cette coopération est d’autant plus importante du fait que les Etats ne peuvent à eux seuls et de manière « individuel » répondre à cette menace, comme l’ont rappelé les panelistes qui ont pris part aux Rencontres de Casablanca. Surtout que le niveau actuel de la coopération est loin d’être aussi « cohérent et efficace » qu’il devrait l’être. Mais, le hic, comme l’a soulevé un intervenant, est que l’on ne se donne pas le temps d’« une pause pour répondre à la question du pourquoi ça ne marche pas comme il se doit » Et de relever que les faiblesses de la coopération interafricaine sont autant structurelles que relevant d’un manque de coordination entre les Etats. D’où l’inefficacité qui, souvent, marque la lutte contre le terrorisme dans le continent. Et la coopération, cela va sans dire, commence par l’échange d’informations et de renseignements. Mais, là encore, les lacunes sont criardes, puisque « certains égoïsmes souverainistes » l’empêchent ! Même au niveau des mécanismes interafricains existants, l’on remarque une multiplicité d’acteurs sans paradigmes effectifs de coordination dans l’action. Or, ce sont justement ces lacunes opérationnelles qui « aident » les groupuscules à semer la terreur dans différentes zones du continent. C’est que, comme le relevait un intervenant, « il ne s’agit pas de créer de nouvelles structures, mais de rendre l’existant plus efficace. »

On ne le dira jamais assez : « parce que l’Afrique ne doit pas sous-traiter sa sécurité, il faudra aussi une réponse africaine aux menaces qui guettent le continent ». D’ailleurs. Comme le soulignait Driss Benomar, président du Think-Tank Atlantis, co-organisateur de l’ASF, l’objectif de cette rencontre n’était pas uniquement de mettre à disposition des expériences individuelles ou collectives, mais aussi, et peut-être surtout de « dégager pour nos pays et à l’échelle du continent africain, des pistes de réflexion, des propositions, face aux différents défis sécuritaires majeurs auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui ». Et les échanges qui ont émaillé cette grande rencontre constituent bel et bien des pistes balisant les voies de l’action.

Perspectives…

Si l’édition 2017 de l’Africa Security Forum s’est arrêtée sur la nécessité de la mutualisation des efforts des pays africains pour faire face aux défis sécuritaires multidimensionnels, l’édition 2018 est d’ores et déjà lancée sous la thématique de l’utilisation des sources d’énergies comme moyen d’action à caractère terroriste et les moyens à même de s’en prémunir. ça promet.

La lutte en quelques chiffres

Dans son intervention, Noureddine Boutayeb a tenu à rappeler que l’effort du Maroc de lutte tout azimut contre le terrorisme a permis le démantèlement, depuis l’année 2002, de 175 structures terroristes, dont plus d’unecinquantaine liées aux différents foyers de tension, notamment, la zone afghanopakistanaise, l’Irak, la Syrie et le Sahel, et procédé à l’arrestation de plus de 2.900 personnes. En perspectives… Si l’édition 2017 de l’Africa Security Forum s’est arrêtée sur la nécessité de la mutualisation des efforts des pays africains pour faire face aux défis sécuritaires multidimensionnels, l’édition 2018 est d’ores et déjà lancée sous la thématique de l’utilisation des sources d’énergies comme moyen d’action à caractère terroriste et les moyens à même de s’en prémunir. Ça promet !

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