Hamid Chabar, ambassadeur du Maroc à Accra : « Le Maroc est parmi les 5 premiers gros investisseurs au Ghana »

Hamid Chabar, ambassadeur du Maroc à Accra

Hamid Chabar, ambassadeur du Maroc à Accra

C’est dans sa résidence que l’ambassadeur du Maroc au Ghana a reçu, de nuit, L’Observateur du Maroc et d’Afrique et Al Ahdath Al Maghribia mardi 7 février 2017. Il revenait d’une série de réunions tenues le long de la journée pour préparer la visite royale à Accra. Sans avoir eu besoin de se préparer, ce diplomate chevronné a répondu à toutes nos questions.

L’Observateur du Maroc et d’Afrique : Comment se portent aujourd’hui les relations maroco-ghanéennes ?
Hamid Chabar : Les relations maroco-ghanéennes sont excellentes. Comme vous le savez, le Ghana était positionné dans un camp qui n’était pas en faveur de la cause nationale. Depuis quelque temps, il y a eu une évolution. Je rappelle, à titre indicatif, que ce pays a été signataire de la motion des 28 présentée par le Gabon à Addis-Abeba. À travers ce document, non seulement le Ghana soutenait le retour du Maroc au sein de l’UA, mais réclamait également la suspension de la RASD. Cette position a été hautement appréciée par les autorités marocaines et a donné lieu à un nouvel élan aux relations bilatérales.

Qu’en est-il des relations économiques ?
Beaucoup de choses ont été faites dans le domaine économique, qui est important et qui structure aujourd’hui les relations entre le Maroc et le Ghana. Il faut savoir que le Royaume est parmi les 5 premiers gros investisseurs au Ghana. Dans le secteur de l’énergie, par exemple, il y a aujourd’hui une centrale thermique à Takoradi qui assure 20% des besoins en énergie électrique de cette ville ghanéenne. Dans le secteur bancaire, il y a une grande banque, Bank of Africa, qui a été rachetée par un grand groupe marocain (ndlr, BMCE Bank of Africa) et qui est actuellement un acteur principal dans l’économie ghanéenne. Dans le domaine du BTP, nous avons à présent une grande cimenterie qui produit 1 million de tonnes par an. Et d’autres projets sont en cours de négociation avec les autorités ghanéennes. Je rappelle qu’à l’occasion de la visite de S.M le Roi, que Dieu l’assiste, au Ghana, il sera procédé à la signature de 16 accords entre secteurs privés marocains et ghanéens. Sans parler des autres accords intergouvernementaux. Tout cela apporte une force supplémentaire à la coopération entre les deux pays. Les Marocains restent, malgré tout, très peu nombreux ici au Ghana.

Qu’est-ce qui explique le faible nombre de Marocains au Ghana ?
C’est vrai qu’ici nous avons une communauté qui ne dépasse pas la centaine de personnes. En grande partie, elle est constituée de cadres qui travaillent pour de grandes structures privées ghanéennes et qui honorent d’ailleurs le Maroc. Mais je pense que ce qui est valable pour le Ghana l’est pour tous les pays anglophones d’Afrique. Nous n’avons pas avec ces derniers la même proximité que celle que nous avons avec la partie francophone du continent. La barrière de la langue, voire la barrière culturelle d’une manière générale, y est pour beaucoup. Il n’empêche, la communauté marocaine est appelée à se développer, compte tenue de la densité des relations qui lient désormais le Maroc et le Ghana. D’autant plus que la stratégie initiée par S.M le Roi permet de lever les barrières. Nous sommes dans une nouvelle dynamique maintenant. C’est dans cette nouvelle dynamique que s’inscrit le retour du Maroc à l’UA. Cela coïncide avec le changement de président et d’équipes dirigeantes ici au Ghana.

Que pourrait-on en attendre ?
Les relations maroco-ghanéennes ne peuvent que se consolider, s’améliorer et se renforcer. Le changement que vous évoquez n’induit pas des mutations profondes. Le Ghana est un pays à tradition anglophone. C’est une démocratie qui s’enracine. Il y a l’esprit de l’engagement et le respect des engagements. Nous sommes sereins quant à l’avenir de nos relations avec ce pays.

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