« Il y a une forte demande de tout ce qui est marocain au Burkina Faso »

Entretien avec l’ambassadeur du Maroc au Burkina Faso, Farhat Bouazza

Un mois à peine après la demande officielle du Maroc d’intégrer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest, les échos d’une CEDEAO à 16 membres sont positifs depuis Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Le pays des hommes intègres entretient de bonnes relations diplomatiques selon Farhat Bouazza, l’ambassadeur du Royaume dans le pays. La coopération économique suit également cette embellie de la coopération bilatérale avec plusieurs partenariats en vue, surtout dans le domaine des énergies renouvelables. Propos recueillis par Serigne Cheikh Djitté

L’Observateur du Maroc et d’Afrique.

Le Maroc a déposé sa demande d’adhésion à la CEDEAO et le projet est actuellement à l’étude. Quels sont les échos que vous en avez en tant que diplomate représentant le Royaume au Burkina Faso ? Farhat Bouazza. Les échos sont très positifs pour le moment. Bien évidemment, il n’y a pas encore eu de déclarations très directes en la matière dans la mesure où c’est une décision qui sera prise de manière collégiale par les chefs d’État lors de leur prochaine réunion. Cependant, les contacts que j’ai eus avec des hauts responsables burkinabés montrent qu’ils prennent cette initiative d’une manière extrêmement positive. Je voudrais rappeler l’intervention de son Excellence le Président du Burkina Faso qu’il avait faite en marge de sa participation récente au Forum International Afrique Développement, il avait dit que les conditions sont réunies et plaident en faveur de l’intégration du Maroc à l’une des communautés économiques les plus dynamiques du continent. C’est donc une réaction assez positive venant du Président Roch Marc Christian Kaboré d’autant plus qu’il avait reçu, récemment, l’envoyé spécial de Sa Majesté le Roi portant dans le sens d’une demande de soutien du Burkina Faso pour l’intégration du Maroc à la CEDEAO.

Quelle est l’image qu’ont les autorités burkinabés du Maroc et surtout du leadership du Roi en Afrique ? L’image de Sa Majesté le Roi Mohammed VI est extrêmement positive au Burkina Faso. On a pu constater que malgré le changement qui s’est opéré à la tête du pays avec le passage du régime de Blaise Compaoré, puis une année de transition politique et enfin un nouveau chef d’État élu au suffrage universel à savoir Son Excellence le Président Kaboré. Donc, durant ces trois périodes très distinctes, les relations ont été toujours bonnes avec le Royaume du Maroc avec une image positive du Souverain et des Marocains.

Sur le plan économique est-ce que les relations Maroc-Burkina Faso sont aussi intenses ? A travers la coopération sud-sud, les deux pays sont-ils de bons partenaires ? Le Burkina Faso apprécie énormément l’implication du Maroc sur le plan économique. A ce niveau, on peut scinder l’approche en deux. D’une part il y a l’approche investissement, donc une présence économique marocaine très forte. Il s’agit du secteur bancaire, des télécoms, l’assurance et nous avons même une présence qui est unique, me semble-t-il, avec des investissements dans la presse écrite et la radio. Parmi les gros investissements aussi, il faut citer le ciment avec une grande cimenterie déjà opérationnelle à Ouagadougou et une autre qui est en cours de construction à Bobodioulasso, la deuxième grande ville du pays. D’autre part, il y a la présence des produits marocains qui sont présents dans les principales grandes surfaces du pays et il y a une forte demande de tout ce qui est marocain au Burkina Faso. A titre d’exemple les diplômes marocains sont très demandés, puisque la coopération dans le domaine de la formation marche bien.

Au jour d’aujourd’hui quels sont les secteurs où les opérateurs marocains peuvent investir au Burkina ? Tous les secteurs sont ouverts. Récemment encore, en marge du FIAD organisé à Casablanca, on a présenté aux investisseurs marocains le Plan National de Développement économique et social. Donc, ce plan quinquennal lancé par le gouvernement burkinabé a intéressé beaucoup d’opérateurs marocains qui ont manifesté leur intérêt pour ce programme dans plusieurs domaines. On peut citer parmi ces secteurs, les énergies renouvelables avec une coopération étatique qui vient d’être mise au point par les deux parties et portée par les ministères et par MASEN. Nous avons également des industriels privés qui s’intéressent aux énergies vertes. De même, l’agroalimentaire offre d’énormes potentialités et qui, je suis convaincu, sera un secteur important dans la coopération économique entre les deux pays. A côté des incoming-missions, vous avez reçu à Ouagadougou une mission d’opérateurs marocains évoluant dans les TIC. Est-ce qu’il y a des potentialités dans ce secteur ?

C’était une délégation assez réduite dans le nombre, mais très spécialisée et il y avait beaucoup de rencontres B2B. Que ce soit dans le domaine public ou privé, les Burkinabés ont montré beaucoup d’intérêt aux solutions présentées par les sociétés marocaines.

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