Massimo Baggi, Ambassade de Suisse au Maroc : « Le savoir-faire du Maroc sera très utile pour le développement de l’Afrique »

L'ambassadeur Massimo Baggi

L’ambassadeur Massimo Baggi

Entretien réalisé par Fatima-Zohra Jdily

L’Observateur du Maroc et d’Afrique : La Suisse et le Maroc viennent de fêter le 60e anniversaire de l’établissement de leurs relations bilatérales. Comment se portent aujourd’hui les relations entre les deux pays ?
Massimo Baggi : Nous avons des relations très riches, qui plus est sont surtout très diversifiées. Nous sommes présents au Maroc dans différents secteurs, notamment dans le domaine économique. Je tiens tout particulièrement à rappeler que la Suisse est le 5e investisseur étranger au Maroc, pour un pays de 8 millions d’habitants c’est tout à fait considérable.
Nous sommes présents aussi dans le domaine de la coopération au niveau de la transition démocratique, de la réduction des risques de désastre naturel, mais aussi dans le domaine culturel. J’aimerais ici mentionner l’exposition sur le sculpteur suisse Alberto Giacometti qui a eu lieu au Musée d’art moderne de Rabat l’année passée. C’est pour dire la diversité des liens entre les deux pays.

Pensez-vous que la Suisse et le Maroc pourraient élargir et renforcer davantage leurs relations économiques ?
C’est ce que nous essayons de faire. D’ailleurs, nos relations sont inscrites dans la durée et se renforcent au fur et à mesure. Je peux, par exemple, mentionner très récemment un développement important que nous sommes en train de mettre en œuvre, notamment en vue d’accompagner la nouvelle politique migratoire du Maroc. Sur ce plan, et compte du fait que le Royaume est devenu plus qu’un pays de transit, mais d’immigration, nous avons approfondi notre engagement au Maroc par rapport à cette question.
Par ailleurs, il y a de plus en plus d’entreprises suisses qui s’intéressent au pays en tant que destination d’investissement, plus particulièrement dans le secteur des énergies renouvelables. D’autant plus que le Maroc dispose d’une politique clairvoyante en la matière et notre pays a un savoir-faire considérable dans ce domaine. Je pense que notre coopération pourra s’intensifier en la matière.

Le Maroc est considéré comme étant la porte de l’Afrique. Est-ce que vous pensez que les deux pays pourraient agir, ensemble, dans une certaine forme de triangulation en direction de l’Afrique ?
C’est déjà le cas aujourd’hui. D’ailleurs, une grande partie des entreprises qui opèrent au Maroc en font une tête de pont vers le continent africain. Notamment dans leurs activités dans les pays de l’Afrique subsaharienne, mais aussi vers le Maghreb. Et je suis convaincu qu’il s’agit d’une tendance qui ira s’intensifiant dans l’avenir.

Quels sont les secteurs qui vous intéresse le plus en Afrique et que représente le continent pour la Suisse ?
La Suisse entretient d’excellentes relations en Afrique. Le fait que nous n’avons pas de passé colonial nous permet de proposer nos projets de manière beaucoup plus dense que d’autres pays. Et nous le faisons dans différents domaines : sécuritaire, humanitaire, économique, politique, mais aussi migratoire…

Quelle lecture faites-vous du retour du Maroc à l’UA et dans quelle mesure cela pourrait être bénéfique pour la triangulation dont vous avez parlé ?
J’aimerais, tout d’abord, féliciter le Maroc pour ce succès diplomatique qui est tout à fait considérable. Ce n’était pas évident, et le Maroc l’a porté à terme avec beaucoup d’expertise. Je suis convaincu que le savoir-faire du Maroc dans différents domaines sera très utile pour le développement du continent africain. Du coup, la Suisse sera à côté du Maroc dans cet effort de construction du continent africain. Ce continent fait face à d’énormes défis, et je crois que ce nouvel élan insufflé par le Maroc sera certainement très bénéfique. Je dois dire, par ailleurs, que pour la Suisse, il s’agit une grande opportunité que de pouvoir être active au Maroc et au-delà.

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