Pour une coopération sud-sud plus solide

La semaine dernière, la capitale éthiopienne a abrité les travaux du Forum régional africain pour le développement durable. L’occasion pour faire le point, mais aussi pour débroussailler les pistes pour aller de l’avant. Compte-rendu.

L’Afrique, c’est connu,diagnostiquée avec à la clé des pistes de sortie de tunnel, fait face à de nombreux défis. Et,pratiquement, à tous les étages. Les Etats africains, de plus en plus décomplexés,
en sont conscients et mettent en œuvre des plans d’action et des stratégies pour les relever. Le Forum régional africain pour le développement durable (FRADD 2017), tenu la semaine dernière
à Addis-Abeba, a constitué une nouvelle occasion pour faire le point et dégager de nouveaux modes d’interventions.
L’objectif étant, on s’en doute, de tendre vers une croissance inclusive et durable dans le continent, mais visant la mise en œuvre des objectifs du programme de développement durable à l’horizon
2030 et de l’Agenda 2063. Par ailleurs,et en prévision du Forum politique de haut niveau pour le développement durable, prévu en juillet prochain à NewYork, les participants au FRADD ont eu
à examiner et ont adopté des messages clés qui constitueront la contribution collective de l’Afrique au FHDD 2017.A noter que ces messages couvrent autant les questions économiques que sociales, ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre de politiques aux niveaux national, régional et mondial, en vue de la réalisation des objectifs du Programme de développement durable (OPDD) à l’horizon 2030 et des aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Ces deux programmes, faut-il le rappeler,exigent, en fait, un changement fondamental pour « une société juste plus inclusive, plus saine,plus prospère et plus résiliente » qui plus est soit capable d’exploiter de manière durable les ressources naturelles et crée des opportunités pour tous. De même que cela exige, comme ne cesse de ressasser les divers documents émanant des institutions internationales, une transformation structurelle, à la fois accélérée et inclusive dont le moteur sera la « diversification économique » ainsi que l’accélération industrielle.En outre, s’il y a un sujet, qui divisait avant mais qui semble faire l’unanimité aujourd’hui, c’est bel et bien celui relatif à la manière d’exploiter au mieux le
«dividende démographique» du continent.Sur ce rayon, les participants à la réunion d’Addis-Abeba ont relevé que l’optimisation de ce dividende ne peut se faire qu’à travers une croissance durable, de nature à créer suffisamment d’emplois et absorber l’augmentation de la population en âge de travailler. Une croissance qui doit être inclusive pour élargir les choix et créer des moyens de subsistance pour tous, en particulier les femmes et les jeunes. Avec, en ultime objectif, l’impératif de parvenir à des améliorations substantielles et générales du bien-être humain.Dans cette même lignée des exigences à atteindre, l’épineuse question de l’éducation a eu droit à une série de recommandations. Les participants ont, ainsi, lancé un appel en faveur d’investissements conséquents pour ce secteur qui constitue la pierre angulaire de tout développement. Et ce, en visant une éducation de qualité et la promotion des compétences, la formation technique et professionnelle, ainsi que le développement des entreprises qui sont des leviers à même d’aider à la réduction de la pauvreté dans le continent. Les documents issus de ce Forum n’ont pas manqué de relever l’importance du renforcement des partenariats dans le cadre d’une coopération sud-sud
porteuse. Encore que « la faiblesse des systèmes de données et l’insuffisance de données dans certains Etats membres posent de sérieux problèmes de suivi et d’évaluation efficaces des progrès accomplis dans l’élimination de la pauvreté ». L’autre problématique non moins cruciale réside dans la sécurité alimentaire.
« Nous avons une étroite opportunité de nous engager hardiment à réduire la pauvreté. Le défi est énorme, mais les possibilités pour un développement de transformation sont illimitées », avance-t-il.

Dans ce chapitre, les participants ont souligné la nécessité de l’évitement de « la fragmentation des financements
et des interventions, de renforcer les systèmes de santé et d’assurer l’efficacité des réponses multisectorielles, d’apporter des financements adéquats et résoudre le problème de l’inégalité d’accès à des services efficaces »

POURQUOI fAIRE ?
Le Forum régional africain pour le développement durable 2017 (2017 FADD), entrant dans le cadre de la préparation du Forum de haut niveau pour le développement durable 2017 (FHDD2017), s’est tenu au Centre de conférences des Nations Unies à Addis-Abeba (Ethiopie) du 17 au 19 mai 2017. Et ce sur le thème « Assurer une
croissance inclusive, durable et la prospérité pour tous ». Un thème,rappellent les organisateurs, qui est 2017, qui est «Éradiquer la pauvreté et promouvoir la prospérité dans un monde en mutation». diplomatiques comptent pour
beaucoup. Dans le même ordre d’idées,une véritable offre commerciale winwin ne sera pas entravée par une barrière culturelle dans les marchés du secteur privé de l’Afrique Australe ou de l’Est – les Marocains de plus en plus trilingues peuvent sûrement transcender cette déconnexion.
L’afrique n’est pas un pays
Ce cliché se répète encore et encore –et pour cause. Alors que la position diplomatique de l’Afrique du Sud vis-à-vis du Sahara peut constituer un obstacle fortement médiatisé,comme nous l’avons vu il y a quelques semaines, l’environnement sociopolitique de l’Éthiopie par exemple pourrait réserver des surprises encore bien pires pour les investisseurs tels que l’OCP. En outre, les notions de l’application des contrats et la protection des investisseurs sont
largement respectées en Afrique du Sud, qui devance l’Ethiopie de 85 places dans l’indice Doing Business 2017 de la
Banque mondiale. De même, la Guinée et le Sénégal entraînent des risques différents, chaque marché devrait être
examiné au cas par cas. La réussite commerciale requiert bien plus qu’un soutien diplomatique, et ils existent de nombreuses façons d’atténuer les risques d’investissement.
Les risques peuvent être atténués
Les risques d’investissement sont bien réels en Afrique, y compris et en particulier dans certains marchés frontières anglophones.En adoptant des stratégies et mesures d’atténuation des risques, il est tout fait possible de les minimiser . Le soutien coordonné de l’orientation de Maroc Export, des ministères pertinents et des missions diplomatiques,accompagné de l’approvisionnement de conseils indépendants , de recherches approfondies et d’un
suivi régulier, est le meilleur moyen de réduire l’exposition aux risques.L’accumulation d’une connaissance approfondie du terrain de l’économie politique et du contexte commercial local est essentielle en Afrique, pour les raisons cités ci-dessus. La réussite durable nécessite un engagement constant et une surveillance étroite,au-delà de ce qu’un gouvernement peut fournir à chaque société ressortissante.Il se peut que cela demande des efforts et du capital dans un premier temps,mais les opportunités à saisir en valent la peine.


 

 

 

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