SGTM s’africanise

SGTM, qui réalise près de 10% de chiffres d’affaires en Afrique, a de fortes ambitions de développement sur le continent. Elle veut porter cette part à 50% d’ici 2022. De nombreux projets sont en cours. D’autres verront le jour bientôt. Par Mounia Kabiri Kettani

Présente dans trois pays africains, notamment le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, SGTM, qui réalise presque 90% de son chiffre d’affaires au Maroc de 3,8MMDH avec une croissance moyenne de 14%, veut développer ses activités encore plus en Afrique. D’ailleurs, cela fait partie aujourd’hui des trois axes de développement fixés par le groupe, outre celui de la diversification vers le ciment ou encore les énergies. « Nous sommes conscients que le développement ne se fera que par l’Afrique », commente Youssef Kriem, directeur technique et commercial du groupe. Et il ajoute « de 10% actuellement, nous voulons atteindre plus de 50% de notre chiffre d’affaires en Afrique d’ici 2022 ».

Des projets en cours au Maroc Au Maroc, SGTM a commencé avec la construction du premier aéroport de Casablanca, dans les années 1970. En plus de quarante ans, la société s’est hissée au premier rang des groupes de BTP marocains. On lui doit des ponts, des barrages et des aéroports. Récemment, le groupe a décroché de très grands marchés pour la réalisation de barrages à Errachidia et Khemissat totalisant plus d’un milliard de dirhams, des projets ports et ceux d’infrastructures majeurs comme celui des principaux viaducs et ouvrages d’art de la LGV entre Kenitra et Tanger. « Nous avons très bien avancé dans la réalisation du grand port charbonnier de Safi et nous avons été déclarés adjudicataire en début de l’année du grand port de Nador que nous exécutons avec une entreprise turque et un spécialiste du dragage belge dans le cadre d’un groupement à trois pour un investissement de plus 8,5 MMDH », nous confie Youssef Kriem. Dans le domaine du ciment, SGTM a l’intention de se lancer dans un projet de cimenterie dans le Royaume. En matière d’énergies, SGTM, à travers sa filiale SGTM énergies, et dans le cadre de la loi 13/09, aurait deux projets en gestation en hydro-électrique, l’un à Azilal et l’autre à Khemissat. Kriem nous assure que ce n’est que le début, let que ’ambition est de devenir l’un des principaux producteurs d’énergie propre dans le Royaume.

Des ambitions en Afrique En Afrique, où le groupe a commencé à opérer en 2008, SGTM est présente au Burkina Faso à travers la réalisation d’un barrage et le confortement d’un autre. En Côte d’Ivoire, SGTM a réalisé un pont petit de par sa taille, mais stratégique pour les villes qu’il relie. Le montant d’investissement est de presque 80MDH. Aussi, le groupe est présent dans le pays afin de réaliser, en partenariat avec un acteur local, la première tranche du projet de réhabilitation de la baie de Cocody avec Marchica Med. Pour la seconde tranche, les préparatifs sont en cours pour répondre à l’appel d’offre qui sera lancé dans les mois qui viennent. SGTM est présente également au Cameroun.

Objectif, construire un barrage et une centrale hydro-électrique. « Nous sommes en cours de finalisation du contrat avec EDF l’un des bailleurs de fonds du projet. Les travaux démarreront début 2018 », déclare Kriem. D’autres projets de développement immobilier, notamment la construction de tours, sont en cours d’étude. Aussi, des projets de barrages et d’hydro-électrique intéressent le groupe au Mali et au Niger. D’ailleurs, « il y a un appel d’offre pour un barrage au Niger, pour lequel nous avons exprimé notre intérêt et avons été pré-qualifiés », nous confie Kriem. Après l’Afrique de l’Ouest, c’est au tour de l’Afrique de l’Est de susciter l’intérêt du groupe. « Des projets comme le développement du rail au Rwanda ou encore le développement portuaire à Madagascar qui vient d’obtenir un prêt de la banque centrale japonaise sont en cours d’étude. C’est ce type de projet structurant d’infrastructures majeures sur lequel on pourrait se positionner et apporter notre valeur ajoutée », insiste Kriem.

Modus operandi : SGTM privilégie de créer des JV avec des partenaires locaux et des bureaux d’études pour une préparation en amont. « Dans notre métier la maitrise de la chose locale est importante, nous avons des matériaux à exploiter, à extraire, à transporter, de la main d’œuvre à recruter. Ceci ne peut se faire de manière efficace sans l’appui d’un partenaire local », nous explique Kriem. A Madagascar, le groupe serait intéressé aussi par le projet qui sera développé par Marchica Med. C’est dire que les ambitions sont énormes. Et SGTM est déterminée à les atteindre.

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