Al Qods – Une victoire palestinienne 

Jamal Berraoui

Jamal Berraoui

Netanyahu a cédé, les Palestiniens reprennent le contrôle d’Al Qods après deux semaines de manifestations. La pression internationale, l’unité des Palestiniens, ont d’abord divisé l’establishment israélien avant de forcer Israël à reculer sur toute la ligne.
Le problème d’Al Aqsa n’est pas sécuritaire et pas uniquement religieux. C’est la question fondamentale de la souveraineté qui est en jeu. Accepter qu’Israël contrôle Al Qods, c’est se soumettre à son rêve de Jérusalem « capitale unifiée » de l’Etat hébreu. Le refus des triptyques, même mené par le Waqf, les religieux, est d’abord une résistance aux projets impérialistes de l’occupant. C’est en cela que cette victoire, ce recul de Netanyahu, est un véritable événement. Les Palestiniens pourraient en tirer plusieurs conséquences. La ligne d’Abbas, celle des négociations, sans exercer la moindre pression, de refus de toute contestation est vouée à l’échec, parce que la majorité des Israéliens ne veulent pas de paix et que la pression internationale ne s’exerce qu’à chaud.
A l’opposé, le Hamas et sa résistance armée n’ont pas fait bouger les choses. Militairement, la messe est dite. Politiquement, l’Arabie saoudite, les Emirats, l’Egypte, déclarent cette forme de résistance terroriste. C’est la complexité de la situation du Hamas qui aura des difficultés à mobiliser des soutiens internationaux, alors que ceux-ci sont nécessaires pour faire plier les politiques du sionisme. Pour expliquer aux opinions publiques qu’Israël, en appliquant la détention administrative sans procédure judiciaire et sans restriction dans la durée, en détruisant les maisons familiales des prétendus terroristes, au nom de la responsabilité collective, en continuant à déplacer les populations, est un occupant totalitaire infâme, il faut choisir une résistance pacifique.
Si le Hamas avait eu la mauvaise idée de tenter une action durant la crise, le résultat aurait été très différent. On aurait vu, en boucle, l’image d’une vieille grand-mère juive, blessée au front alors qu’elle surveillait un magnifique bébé. Les cinq morts palestiniens passeraient par pertes et profits, au nom de la riposte.
Des Palestiniens unis, c’est une condition, avec un leadership cohérent, intègre, ce qui n’est pas toujours le cas, pourraient faire progresser leur cause rapidement, s’ils choisissent la résistance pacifique, mais une résistance réelle.
Cette opinion s’impose d’autant plus que la question palestinienne est la première victime du prétendu printemps arabe.
En définitive, c’est au peuple palestinien de choisir ses modes d’action contre l’occupant. On ne peut que soutenir sa cause, quelque soit son choix. Mais 70 ans après l’occupation, il est possible de revisiter cette histoire et de réorienter ses choix. La victoire d’Al Qods est importante à ce niveau.

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