La symbolique de l’engagement

Ahmed Charaï

La cérémonie du 17 Septembre, au palais royal de Rabat, dédiée à l’Éducation n’était pas un événement protocolaire, loin de là. Le Roi Mohammed VI a envoyé un message clair, l’école est l’affaire de tous. En s’entourant de Moulay Hassan, le Prince héritier, mais aussi de sa fille, Lalla Khadija dont c’était le premier acte officiel, le Roi signifiait l’engagement, non pas de sa personne, mais de l’institution monarchique, qui est, de nature pérenne, en faveur de l’école, des générations futures, l’école étant l’avenir de la Nation.

Justement, le ministre de l’Education a présenté devant le Roi les différents engagements de l’État. Le plus important c’est l’aspect social, le programme « Tayssir », qui a été bloqué par l’orthodoxie budgétaire, qui concerne les internats, les transports scolaires et les cantines.

Les taux de déperdition scolaire sont importants, surtout en milieu rural, là où la pauvreté sévit le plus. Cet engagement de l’Exécutif, est important.

Mais l’école est une affaire qui concerne la société dans son ensemble. Le Roi a tenu, entre autres, à distinguer deux profils. D’abord celui de Hicham El Faquih, formidable enseignant, qui dans un douar du Rif, fait aimer son école, son pays, à ses élèves et leur apprend la citoyenneté engagée. Il rappelle les professeurs de l’époque de l’après indépendance qui avaient la vocation, mais aussi un nationalisme chevillé au corps, et qui pensaient, à raison, qu’en militant avec leurs élèves, ils préparaient des jours meilleurs à leur nation.

Je fais partie d’une génération qui faisait le ménage, une fois par mois, dans sa classe. C’était un apprentissage de la solidarité, de la responsabilité, de l’engagement.

Le Roi a aussi honoré Zhor Ansai, « Mademoiselle courage », une fille née sans bras et de très petite taille qui a eu son bac en candidate libre. Cette sublime histoire est aussi celle d’un engagement, celui de la famille, de la mère, mais de cette jeune fille. Si les familles ne font pas confiance à l’école, ne motivent pas les enfants, ne les suivent pas, alors tous les autres engagements seront vains. Il nous faut un sursaut des familles autour de l’école.

L’école, sa reconstruction est l’affaire de tous. Sans une école performante citoyenne, non seulement il n’y aura pas de développement, mais la cohésion sociale sera mise en danger.

Cette symbolique de l’engagement est extrêmement importante. Elle remet les choses en place. L’école est l’affaire de tous. Nous devons en faire un lieu inclusif, y compris pour les personnes à besoins spécifiques, un espace égalitaire, clé de l’ascenseur, un espace de transmission du savoir, mais aussi des valeurs humanistes.

On ne pourra y arriver que par l’engagement.

 

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