Libre cours

Naim KAMAL

Le monde musulman vit dans son ensemble mais chacun à sa manière son Ramadan. C’est un rite répétitif, récurrent, itératif depuis quinze siècles. Donc un non évènement. Pendant que la trop bouffe ramadanesque ne ballonne paradoxalement pas grand monde, quelque part à la frontière maroco-algérienne, des familles de réfugiés syriens attendent encore, au moment où j’écris, une main charitable pour les sortir de leur désespoir et de leur désarroi. L’Algérie, après avoir voulu les déverser sur le Maroc, a fini par vouloir les accepter chez-elle. Mais eux veulent entrer au Royaume de Mohammed VI, soit pour y rester ou pour en faire un tremplin afin de rejoindre l’autre rive de la Méditerranée. La situation en est là et
la Fédération Internationale des Droits de l’Homme renvoie le Maroc et l’Algérie dos-à-dos. Tous responsables ! Je n’en parle pas parce que j’ai l’âme particulièrement sensible, mais parce que je pourrais me retrouver à leur place, le monde d’aujourd’hui étant si instable et l’histoire si imprévisible qu’aucun sismostorygraphe ne peut prévenir.
Au Maroc à proprement parler, en dehors d’Al Hoceima sur laquelle beaucoup, enfin beaucoup c’est trop dire, comptent pour réaliser par procuration leur victoire ou leur revanche sur le Makhzen, il n’y a plus que Maître Ziane, l’avocat fondateur de le jeunesse royaliste au moment où la gauche faisait la pluie et le beau temps au campus, pour amuser la galerie. L’avocat de l’Etat contre le syndicaliste Noubir El Amaoui, quand celui-ci faisait trembler les gouvernements rien qu’en élevant la voix, a trouvé en Zafzafi, le meneur des troubles d’Al Hoceima, une seconde vie. Une chose trouble ma vision cependant. Est-ce qu’il défend Zafzafi en sa qualité d’avocat ou en tant que Rifain ?
A l’international, l’Iran n’est plus une citadelle
impénétrable. Le parlement et le mausolée de Khomeiny, tout un symbole, ont été pris d’assaut, mercredi 7 juin, par des éléments de Daech. J’ai presque envie de dire qu’ils ont osé et ils l’ont fait. Où va ma sympathie ? Ni à l’un ni
à l’autre. Tout aussi borné et hors temps l’un que l’autre. Les attentas qui se sont produits juste après le passage du président américain par Riad où il a regroupé autour de lui quelques arabes qui m’ont rappelé Peter O’toole dans Lawrence d’Arabie. Mais ce n’est certainement qu’un hasard. Deux jours auparavant, cinq pays, l’Arabie Saoudite, les Emirats, le Bahreïn, le Sultanat d’Oman, l’Egypte et le Yémen, la Mauritanie aussi, j’allais l’oublier, ont
mis le Qatar au ban de leur communauté. On ne peut pas dire que Doha l’a volé. « Une tente et deux chameaux », c’est ainsi que l’ex-président égyptien Anouar Sadat avait qualifié jadis et naguère le Qatar. C’est depuis une quantité de buildings et énormément de prétentions au plan international.
A croire que la Qatar veut être l’Israël arabe. Noble ambition ! Mais pour y prétendre, il faut avoir autant de Nobel en physique que les juifs. C’est triste à dire, mais c’est comme ça.

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