Point de vue. Tourisme, la baraka des djinns

Le drame que nous avons vécu avec l’assassinat des deux jeunes scandinaves a dévoilé une réalité dont on peut tirer des enseignements sérieux. Le saint près duquel les terroristes ont commis leur forfait, n’a rien d’un saint. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de la tombe d’un honnête homme connu pour sa piété. C’est juste une roche que les gens vont embrasser, recherchant sa baraka qui peut être la fécondité, la guérison de certaines maladies organiques ou même psychiques. La baraka d’un djinn.

C’est un business comme les autres, la tribu des Aït Mizane en profite largement. Elle a su répondre à cette grande question: Comment attirer les gens chez nous pour améliorer nos finances? Réponse trouvée: La baraka de Chamharoch, qui, soit dit en passant, est le nom d’un des djinns qui peuplent l’imaginaire des Marocains. On peut penser qu’il s’agit d’un legs païen qui a été plus tard intégré dans la culture religieuse. Mais là n’est pas la question.

Quoi qu’il en soit, les gens qui l’ont créé peuvent être considérés comme les aïeux de nos centres régionaux du tourisme qui doivent aussi chercher constamment le moyen d’attirer des touristes. Alors que les marabouts ont parfaitement réussi leur challenge, sans que le ministère du tourisme les intègre dans ses statistiques annuelles du tourisme, les centres régionaux continuent à vivre sur une rente sans améliorer l’offre (soleil, monuments, montagnes, forêts.)…

Or, avec une petite idée, on l’a vu avec Chamharoch, on peut réaliser de grandes performances. Dans certains pays, des musées aux noms bizarres attirent des centaines de milliers de visiteurs chaque année, dans des villes ne manquant pas d’attraits naturels ou culturels. Ça marche bien comme business.

C’est dans cet esprit qu’on peut visiter le musée des relations brisées à Zagreb en Croatie; le musée des arts mauvais en Grande Bretagne; le musée des nouilles instantanées à Osaka et Yokohama au japon, le musée de la phallologie à Reykjavik en Islande ou encore le musée…des égouts de Paris.

Au Maroc, les possibilités sont immenses. On peut par exemple penser à des musées du couscous, de la fête du mouton, de la polygamie (certains ministres pourraient appuyer le dossier), des belles mères, du football des rues, des bagarres entre voisins, des outils bricolés par les Marocains pour empêcher les gens de  stationner ou d’utiliser le trottoir…etc. Tout pourra marcher, ce n’est qu’une question de communication et de marketing.

Stratèges du tourisme doivent dépasser la question de savoir comment vendre l’existant par la question, plus intelligente de savoir ce qu’on pourrait inventer pour intéresser plus de monde.

Hakim Arif

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