Adrian Parzentny ou “Ady the Soundguy”  

Vivant à Cracovie, Adrian Parzentny, ingénieur de son autodidacte, ou « Ady the Soundguy » est un voyageur dans l’âme qui a la musique dans la peau. Ex-guitariste du groupe punk rock’n’roll « Swinging Beach Ball of Death, il sillonne le monde à bord de sa voiture pour enregistrer des artistes de rue, à la recherche de spontanéité, histoire de capter l’instant présent. A travers sa page web « Hit-the-road-music.com », il met en place une sorte de radio mobile mondiale, à l’image d’un road movie musical où les personnages ont ce souci commun de partager leur musique. Pour un résultat bluffant dépourvu des carcans de la musique conformiste.

 

Comment est née l’idée de ce projet ?

 Je suis musicien depuis 18 ans, et pendant des années, j’ai été guitariste du groupe punk rock’n’roll « Swinging Beach Ball of Death », j’ai joué dans plusieurs concerts en Pologne et en Allemagne. La musique c’est toute ma vie, je suis un grand passionné ! Pendant un an, j’ai parcouru avec mon amie l’Europe à bord de notre voiture, j’ai occupé plusieurs emplois comme cueilleur d’olives en Grèce, j’ai travaillé dans des auberges en Albanie et au Kosovo, puis dans un camp d’escalade en Turquie, j’ai fixé des câbles en Bulgarie et j’ai joué de la musique de rue à Berlin. Jusqu’au jour où on a décidé, ma copine et moi de nous installer à Cracovie en Pologne. Actuellement, je travaille comme programmateur informatique à Cracovie, mais le contact avec les musiciens me manque, alors je veux soit jouer de la musique ou l’enregistrer. J’ai fait beaucoup d’enregistrements, j’ai bossé à la télévision à Berlin, et je voulais replonger dans ce monde à nouveau pour connecter les gens, faire quelque chose d’intéressant, qui a du sens ; quelque chose qui me rendra heureux et par la même occasion, rendra les autres heureux, quelque chose de différent…J’ai eu donc l’idée de lancer « Hit The Road Music Studio » alors que je dormais, je voulais un boulot qui allait me permettre de voyager, de faire la musique et de faire un travail qui a du sens et qui connecte les gens… Alors je me suis dit : quoi de mieux qu’un enregistrement mobile pour partager la musique ? Et c’est comme ça que ça démarré !

Comment les artistes peuvent-ils tirer profit de votre plateforme  « Hit The Road Music Studio » ?

 « Hit The Road Music Studio » est un studio d’enregistrement mobile mais le projet est encore embryonnaire. Pour le moment, on voyage à bord d’une voiture mais on compte bientôt acquérir un van qui sera doté d’équipements sonores de pointe et d’une excellente isolation phonique pour aller à la rencontre des artistes de rue et enregistrer 2 ou 3 de leurs chansons afin de les aider à avoir une base pour lancer leur propre album. On voyagera un peu partout en Europe, en Amérique Latine, en Afrique… pour dénicher des artistes talentueux et créatifs pour ainsi partager leur musique avec le monde entier. Nous aidons les artistes qui n’ont pas la possibilité d’enregistrer leurs morceaux. Des fois, je propose mes services gratuitement quand l’artiste n’a pas les moyens, mais généralement, je ne charge pas très cher en comparaison avec les circuits professionnels. Je partage par la suite les enregistrements sur ma page web pour qu’ils soient accessibles au plus grand nombre. Des fois, je joue avec eux s’ils ont besoin de guitariste. Chaque artiste repart avec son enregistrement, on diffuse sa vidéo, son portrait sur notre page web, ainsi que son interview où il parle ouvertement de son travail, comme ça les gens pourraient rentrer en contact direct avec lui. Bien entendu, chaque artiste est libre de diffuser son enregistrement comme beau lui semble.

 

Quels genres de musique enregistrez-vous ?

 J’enregistre tous les styles de musique, il faut juste que ça émane du cœur, que ça soit vrai ! Je n’aime pas les artistes arrogants, je préfère de vrais artistes qui s’éclatent en jouant…tout comme moi ! Mes premiers enregistrements ont été réalisés en Pologne,  j’ai commencé en juillet dernier avec le premier groupe de Heavy Metal « Wygnani » de Cracovie, des jeunes de 17 ans qui sont très talentueux et qui font un travail unique. J’ai produit gratuitement leurs chansons parce que j’ai été séduit par leurs riffs mélodiques et lourds, leurs paroles critiques et leur section rythmique percutante et créative qui sont leur marque de fabrique. Puis, j’ai enregistré en France des chansons un peu Folk, on a un peu de tout ! En fait, j’aime tous les styles musicaux mais je préfère les musiques traditionnelles,…J’aime le jeu honnête, authentique. Vous savez, j’ai eu mon premier groupe à l’âge de 11 ans, j’ai encore un tatou de cette époque, j’ai joué avec eux pendant 10 ans, jusqu’à mes 21 ans, on a joué du Blues, du Rock, du Métal et beaucoup de musique psychédélique, …c’était cool, …c’est pourquoi je suis ouvert à tous les styles.

 

C’est votre première fois au Maroc et à Essaouira j’imagine ?

Oui, tout à fait. On était venus en vacances pour visiter Essaouira, on a entendu parler du Festival des Andalousies Atlantiques, on a eu la chance de séjourner dans le même riad que les musiciens, on voulait passer une journée dans la ville et on est resté 5 jours ! J’adore cette ville, les gens sont chaleureux et la nourriture est géniale. Je ressens ici des ondes positives, c’est une ville unique dans le monde, je n’ai jamais été dans un endroit pareil auparavant !

 

Vous comptez voyager longtemps ?

 Après Essaouira, on part à Marrakech puis, on revient à Grenade, ensuite Barcelone, puis la France, l’Allemagne, pour rejoindre la Pologne…On rentre à Cracovie parce que je dois reprendre mon boulot. En Juillet 2019, on aura le bus bien équipé, on mettra l’isolation et on se consacrera uniquement à cela.

 

Essaouira est une ville particulière parce qu’elle a choisi d’utiliser la musique comme moyen de résistance contre l’obscurantisme, contre l’intolérance, contre l’amnésie…Qu’en pensez-vous ?

 La musique relie les gens, peut importe leur race, leur religion ou leur couleur de peau. La diversité n’a jamais été une barrière pour la musique, c’est ce qui fait sa beauté. C’est une très bonne leçon pour moi parce qu’on partage les mêmes valeurs, et on veut juste la paix pour tout le monde. C’est pourquoi la musique est si spéciale. Et comme je vis à Cracovie, une ville très cosmopolite, on est habitué à voir plusieurs artistes de différentes religions jouer ensemble !

 

Les difficultés que vous rencontrez ?

 On n’a pas vraiment de difficultés, on s’amuse énormément, c’est un challenge très plaisant en fait. Des fois, comme ici au Maroc, je tombe sur de nouveaux instruments auquel je ne suis pas habitué, mais comme je connais la provenance du son, ça ne pose pas un vrai problème.

 

Vous connaissez un peu le festival de Gnaoua ?

 Pas beaucoup mais j’ai déjà joué du gembri une fois, c’est juste incroyable ! Pour le moment, je vais enregistrer un groupe du Mali, je vais laisser le micro ouvert et les gens pourraient venir jouer pour enregistrer !

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