Festival Gnaoua d’Essaouira : 20 ans de magie !

Bill_Laurance

Du 29 juin au 1er juillet 2017

Une 20e édition touchante célébrée dans l’amour, la joie et la bonne humeur. Moments d’émotion, de partage, de fusions et d’effusions, l’édition anniversaire du festival a su marquer tous les esprits.

Entre concerts grandioses et fusions improbables à la place Mly Hassan, à la scène de la Plage et les concerts intimistes de Borj Bab Marrakech, Dar Loubane et Zaouia Issaoua, 300 000 festivaliers en ont eu pour tous les goûts en trois jours de festival.

Après une parade d’ouverture sublimée par 3 jours de festivités dans la ville, le Festival a proposé une ouverture sous le thème du Brésil à la rencontre de la musique Gnaoua, avec un Carlinhos Brown charismatique et plein de talent. Un spectacle bluffant né d’une résidence entre le musicien brésilien et les talentueux mâalems Saïd et Mohamed Kouyou qui a permis la rencontre joyeuse et tant attendue du Maracatu avec son ancêtre le Karacatu. Après la leçon de tagnaouite avec Abdelkebir Merchane et ses musiciens, le public a été pris dans un tourbillon de folie et de nostalgie de Band of Gnawa, digne des années Woodstock !

Ismael Lo

Pendant ce temps-là, sur la scène de la Plage, le maâlem Said Oughassal a ensorcelé avec sa subtilité rythmique en donnant un spectacle digne de la tradition ancestrale avant que Ribab Fusion du magnétique Foulane ne s’empare de la scène pour faire bouger le public sur les airs amazigh-country aux sons du ribab.

Pour sa part, le pianiste Bill Laurance, l’homme aux 3 albums solo et aux multiples collaborations, qui lui ont valu un Grammy Award, a donné une belle leçon de jazz expérimentale pleine d’humilité, avant de proposer une fusion pleine de fraîcheur avec le jeune Khalid Sansi. Le grand Ismaël Lô a livré lui, un concert spirituellement bluesy et profondément ancrée en Afrique. La soirée s’est terminée sur les notes du plus international des Gnaoui, Hamid El Kasri qui a ramené un bout du monde avec lui pour une fusion explosive avec Karim Ziad.

Autre moment forts de ces nuits métissées, l’incroyable fusion du Maâlem Mokhtar Guinea et de Mogador Band. Un autre voyage sera proposé par la résidence de Hassan Boussou et des Hmadcha, avant de laisser la place à un concert habité et engagé de plus de deux heures du poète fou : Amazigh Kateb et son Gnawa Diffusion. Incroyable moment d’émotion, celui de la scène du Borj Bab Marrakech, qui a proposé un concert plein de grâce avec la sulfureuse Hindi Zahra.

La soirée clôture a tenu toutes ses promesses avec une résidence aux couleurs de la Méditerranée, de l’Afrique et de l’Inde, proposée par Titi Robin et Mehdi Nassouli. Avant que la légende du blues Lucky Peterson ne prenne les commandes pour livrer un concert à la fois jazzy, funky et groovy. Le guitariste et pianiste a charmé le public avec sa fusion troublante du Blues et de la Tagnaouite, sublimée par le talent du Maâlem M. Baqbou.

Le dernier concert de la scène Mly Hassan s’est achevé avec l’incroyable Carlinhos Brown qui a transformé la Place en piste de danse géante. Sur la scène de la Plage, Houssam Guinea a livré un concert émouvant à l’image de Feu Mahmoud Guinea. Le spectacle a continué avec la formation pleine d’énergie, Speed Caravan. Suivi du show de Maâlem Akilane et le pianiste, guitariste et compositeur congolais Ray Lema.

En marge du festival, le Forum des droits de l’Homme, organisé conjointement avec le CNDH. La question de la culture à l’heure du digital était au cœur des débats qui ont connu la participation d’intervenants nationaux et internationaux (Reem Fadda, Youness Atbane, Nawal Saloui, Nour-Eddine Lakhmari, Mohamed Nedali ou encore le Sénégalais Fodé Sylla).

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