Pour un vrai débat public

Plusieurs questions très importantes sont sur la table et sur l’Agenda de l’Exécutif, sans que l’on puisse avoir un vrai débat dessus, ni au niveau du parlement, ni sur la place publique. C’est inquiétant pour la construction démocratique.
Ainsi en est-il de la solution trouvée au conflit des contractuels de l’éducation nationale. Ils auront un contrat à durée indéterminée avec les académies. Cela crée de facto, une fonction publique territoriale, telle qu’elle existe ailleurs. Cela mérite un vrai débat. Parce que c’est l’une des conséquences de la régionalisation et de l’option de déconcentration prise récemment. Mais il faut éviter un mille-feuilles qui aboutirait à des dépenses pléthoriques et à des doublons inutiles, entre administrations centrales et fonction publique territoriale.

L’absence de débat handicape la construction démocratique en renforçant le désintérêt et la défiance vis-à-vis de la classe partisane.

De même, les systèmes de retraite ne sont pas pérennisés, malgré le retardement de l’âge de départ à 62 ans. C’est une question qui relève du dialogue social, mais où il faut laisser le corporatisme au vestiaire. Les retraites sont un Tchernobyl social qu’il faut absolument éviter au risque d’alourdir les charges de fonctionnement du budget de l’État, hypothéquant l’investissement public.
Le Roi a demandé dans un discours devant le parlement une réflexion sur le modèle de développement estimant que l’actuel avait atteint ses limites. Si le chef de l’Etat s’est adressé au parlement pour réclamer
cette réflexion, c’est parce que le choix d’un nouveau modèle de développement n’est pas une question technique. C’est d’abord un projet de société qui doit être consensuel au plus haut point. Plus d’un an après, le débat ne s’est même pas enclenché.
On peut citer d’autres exemples, mais notre propos c’est de souligner cette absence de débat comme signe de déficience de la vie démocratique. Ce qui lie la population à la classe partisane c’est d’abord un débat vivant où les différents choix s’expriment, matérialisant les différentes offres politiques et intéressant les électeurs, en particulier la jeunesse, à la chose publique. Cette absence de débat handicape la construction démocratique en renforçant le désintérêt et la défiance vis-à-vis de la classe partisane.
Il faut aussi ouvrir un vrai débat sur la conjoncture économique au-delà des poncifs. Tous les spécialistes s’accordent sur le ralentissement de la croissance mondiale. Nos partenaires, l’Europe en particulier, seront touchés de plein fouet, la demande intérieure est essoufflée, il nous faut de nouveaux leviers. Si l’on veut réduire un taux de chômage qui stagne à un niveau alarmant. Tous ces débats, menés sereinement, ne peuvent qu’améliorer l’efficacité de l’Exécutif

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