Dépénalisation : L’Inde arc-en-ciel

Le 6 septembre 2018, l’Inde a mis fin à la pénalisation de l’homosexualité. Jusqu’à tout récemment, les relations sexuelles entretenues entre des personnes du même sexe étaient passibles de la prison à perpétuité au vu de l’article 377.

La Cour suprême indienne vient donc d’invalider cet article du code pénal datant de l’époque britannique, qui interdisait les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Ces liaisons étaient extrêmement discrètes jusque-là, en raison des tabous existants. Cette loi était déjà levée sur le territoire de Delhi, son application s’étend désormais à l’ensemble du pays.

Plusieurs personnalités indiennes éminentes ont mené un combat durant des années pour faire valoir que « l’ordre de la nature n’est pas invariable », que « la morale change au fil des générations ».

Manvendra Singh Gohil, surnommé le « prince rose », est l’un des artisans de ce changement de mentalité, lui qui a été rejeté par sa famille et sa société très conservatrice pour avoir eu le courage de révéler son homosexualité en 2006. « Les gens en Inde pensent que l’homosexualité est une maladie. Ma mère a tout essayé. Elle m’a emmené à l’étranger, m’a fait opérer et faire des séances d’électrochocs pour que je change », confie-t-il.

Bien que l’homosexualité reste un tabou social très fort dans la société indienne, les avis restent mitigés. En effet, suite au changement de loi, des experts vont jusqu’à mettre en avant la naissance d’un marché de niche à destination de ce public dans le géant d’Asie du Sud.

Selon une déclaration à l’AFP de Keshav Suri, militant gay de premier plan, « Cela (le changement) peut rapporter des milliards de dollars à l’économie indienne s’ils arrivent à faire dépenser les personnes gays en Inde ».

De plus, d’autres avis fusent quant au surpeuplement en Inde et favorisent la théorie disant que « les couples homosexuels ont en moyenne moins d’enfants que les couples hétérosexuels et des salaires plus élevés, ce qui se traduit par un pouvoir d’achat supérieur et un amoindrissement de naissances ». C’est un argument de taille dans le second pays le plus peuplé de la planète.

 

 

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