Enseignement. Pour l’Istiqlal et le PJD ce sera l’Arabe ou rien

Le projet de loi-cadre sur l’Education a été adopté en Conseil de gouvernement et en Conseil des ministres.

Eh bien ce n’est pas la fin du parcours de ce projet qui veut redonner aux langues étrangères leur place dans l’enseignement. Actuellement en commission de l’Enseignement de la première chambre, il subit les tirs des deux partis arabistes les plus conservateurs et les plus rétrogrades, Le PJD et l’Istiqlal. Pour eux tout l’enseignement doit se faire en arabe parce que nous sommes marocains et donc arabes. Selon le parti de la lampe à pétrole, l’Arabe est une langues constitutionnelle, et donc il doit être présent dans toutes les étapes et filières, « y compris scientifiques et techniques ».

Le PI ajoute que en tant que Marocains, nous devons tenir compte de notre marocanité lorsque nous produisons nos lois. Les positions des deux partis n’est pas étonnante. Le PJD tient à l’Arabe qui est la langue véhicule de son idéologie islamiste orientale. Quant au PI, il est à l’origine de l’arabisation qui a terrassé le système éducatif marocain. Pour ce parti conservateur dont pas mal de leaders ont étudié en Français ou en Anglais, seule l’élite doit accéder au savoir, le reste ira grossir les rangs des manoeuvres, des petits employés et des ouvriers. Il faut reproduire la société à l’identique, les grands resteront grands et les petits resteront petits. Curieusement ni le PJD, ni le PI n’ont évoqué la langue hassanie, elle aussi constitutionnelle.

Quel modèle de société veulent établir ces deux partis, qui prétendent avoir une vision pour le nouveau modèle de développement? Les forces rétrogrades sont encore très fortes au Maroc et leur emprise est accentuée par une illusion de puissance politique. Néanmoins, des partis aussi puissants ont une autre conception de l’enseignement. Au PAM on plaide pour « une diversification linguistique » à l’école et on prévient contre tout amalgame entre la question de la langue et l’identité nationale.
Quant au RNI, il s’insurge contre la logique de la vérité unique qui n’a pas sa place dans ce débat. « C’est cette logique qui a mené à des drames comme ceux d’Imlil », dit le représentant RNI à la Commission. Ainsi, l’apprentissage des langues étrangères est « obligatoire » si le Maroc veut se positionner à l’international, argumente le PPS.

La question de la réforme de l’enseignement bloque ainsi sur une question idéologique qui coûtera aux Marocains du temps, des ressources conséquentes et peut être même l’occasion d’un véritable développement humain.

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