Ethiopie-Erythrée: Les soldats de la paix ont fini par gagner

Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane avec le premier ministre éthiopien, Aby Ahmed.

Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane avec le premier ministre éthiopien, Aby Ahmed.

La paix entre les frères ennemis éthiopiens et érythréens, aujourd’hui acquise, n’aura pas été facile à trouver. De nombreuses intermédiations ont été tentées, sans succès. La plus fructueuse aura été celle menée par Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier des Émirats Artabes Unis et ministre de la défense d’Abou Dhabi. Ce rôle, décisif, a été publiquement reconnu par le ministre éthiopien des Affaires étrangères après la signature de l’accord du 9 juillet 2018.

Ce jour-là, le président érythréen Isaias Afwerki et le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed se sont rencontrés à Asmara. Leur poignée de main restera dans les mémoires puisqu’elle signe la fin d’un conflit qui aura duré près d’une vingtaine d’années.

Les deux hauts responsables ont signé à l’occasion un accord actant la reprise du commerce, des transports et des télécommunications, le rétablissement des relations diplomatiques et la mise en œuvre des décisions internationales sur la frontière. « L’état de guerre qui existait entre les deux pays est arrivé à sa fin. Une nouvelle ère de paix et d’amitié s’ouvre », précise l’accord qui va désormais changer le cours d’une dramatique histoire.

Pour rappel, suite à un désaccord sur leur frontière commune qui a éclaté en 1998, soit cinq ans après l’indépendance de l’Érythrée vis-à-vis de l’Éthiopie, les deux voisins s’étaient livré une guerre qui a fait quelque 80.000 morts en deux ans. En outre, quelque 70.000 Ethiopiens d’origine érythréenne ont été arrachés à leurs familles et expulsés vers l’Éthiopie.

En 2000, un accord de paix a été signé, appuyé en 2002 par les conclusions de la commission internationale indépendante sur la démarcation de la frontière, mais la hache de guerre n’a été enterrée pour de vrai que le 9 juillet 2018.

L’Union africaine et l’Union européenne se sont félicitées la normalisation des relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée, estimant que c’est un pas important vers la paix et la sécurité dans la région de la Corne de l’Afrique et même dans tout le continent.

«Le processus de normalisation en cours entre l’Érythrée et l’Éthiopie est une étape importante dans le programme visant à faire définitivement les armes de l’Afrique dès 2020», peut-on lire dans la déclaration de la Commission de l’UA signée de son président Moussa Faki Mahamat.

De son côté, la vice-présidente de la Commission de l’Union européenne, Federica Mogherini a affirmé que la rupture avec une impasse de vingt ans dans les relations bilatérales ouvre des perspectives de réconciliation sans précédent et ouvre la voie à une coopération et à une stabilité régionale accrues dans la Corne de l’Afrique.

 

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