Le gouvernement a-t-il un avenir ?

Constituée dans les conditions que l’on sait, la majorité actuelle impose de vrais questionnements quant sa capacité de résister aux soubresauts des conjonctures. Les résultats des « brouillards » sont visibles, au moment où le pays a besoin de mobilisation.

La question posée par le titre, circule dans tous les milieux. L’Exécutif a un vrai problème d’impact dans la société. D’abord parce que son action est au mieux illisible, au pire inexistante. Les fameuses réformes annoncées ne connaissent pas le début d’une mise en chantier, même pas une programmation séquencée. Ni la réforme de l’administration, ni celles de l’école ou de l’hôpital n’ont avancé d’un Iota. La recherche d’un nouveau modèle de développement reste une lettre morte dont on ne voit aucune déclinaison. On peut donc légitiment douter de l’existence d’une vision dont découlerait le programme gouvernemental.

Résultats de ce brouillard, des résultats fâcheux pour les fondamentaux. Un endettement intérieur en hausse continue, des investissements privés en stand-by, faute de confiance, un pouvoir d’achat qui ne cesse de s’émietter, mais surtout une vraie crise dans le secteur du logement, locomotive de la croissance pendant des années. Le patronat et les syndicats haussent le ton, parce que le dialogue social est en panne.

Cette impuissance de l’Exécutif est liée à l’état de la majorité. Celle-ci a été constituée poussivement. Au parlement, durant les travaux en commissions, les groupes alliés s’écharpent. Le PJD a connu plusieurs « séditions », sorties médiatiques critiques, même si au final tous les textes sont votés, jusqu’ici.

L’Alliance n’est pas programmatique, elle est juste de circonstance, pensent les observateurs.

Les citoyens décrochent réellement. Les joutes ne les intéressent pas outre-mesure, une certaine forme de lassitude s’est installée.

Lassitude renforcée par le manque évident de charisme des ministres et une bonne partie du gouvernement reste inconnue du grand public. Ceux qui sont connus le sont rarement pour leurs réalisations. Des sorties très malheureuses distendent les relations avec les citoyens et créent même du rejet.

Nous sommes donc face à un Exécutif sans leadership apparent, basé sur une alliance au minimum fragile, dont le soutien au sein des populations est très faible. Or, les attentes sont énormes. Pour ne pas perdre le bénéfice de la dernière décennie, il faut des réformes en profondeur pour relancer l’économie, restaurer les services publics, réduire les inégalités. Cela nécessite un Exécutif jouissant d’un soutien fort et capable de mobiliser les forces vives.

Le Maroc peut-il se satisfaire d’un gouvernement de gestion des affaires courantes qui imposerait une pause dans la construction du projet national ? L’avenir nous le dira, mais des voix s’élèvent pour contester cette perspective.

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