Pépinières de la science

« Je peux vous assurer que dans une décennie ou deux nous aurons des villes administrées par l’intelligence artificielle, des voitures sans chauffeur, de la réalité augmentée, des aliments génétiquement modifiés, des formes nouvelles d’énergie présentant un meilleur rendement, des matériaux intelligents et des myriades d’appareils et de gadgets tous interconnectés et bavardant entre eux. Le monde sera méconnaissable par rapport à ce qu’il est aujourd’hui, tout comme le nôtre l’est comparé aux années 1970 ou 1980 ». Jim Al-Khalili. Professeur de physique théorique et titulaire de la chaire Public Engagement in Science à l’Université du Surrey, Grande Bretagne.

Comme toujours nous attrapons les débats par la queue. La question de langue d’enseignement ne devrait pas être le début, mais  l’aboutissement de la réflexion. Les enfants qui ont 10 ans aujourd’hui, auront 40 ans en 2050, ceux qui viennent de naître en auront 30. Ce sont eux qui vont réfléchir, innover, créer, construire, améliorer, trouver des solutions aux problèmes auxquels le pays fera face demain.

Et donc, le premier terme du débat est que sera le monde en 2050? Réponse, un monde presque complètement différent de celui d’aujourd’hui avec une nouvelle conception de la science. On parle déjà de NBIC, association entre nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives (description et explication de la pensée humaine). Cette nouvelle discipline aura une incidence sur la vie en 2050 et même bien avant, puisque certaines de ses applications sont déjà une réalité.

Ce n’est pas la peine de chercher des ouvrages en Arabe pour faire des recherches ou préparer une thèse, il n’y en a pas. C’est ce qu’il faut comprendre. Le monde en 2050 ne vous demandera pas votre identité culturelle, mais s’interrogera sur ce que vous apportez à la science et donc à l’évolution humaine.

Conquête de l’espace, informatique quantique, nano-médicaments, nano-textiles (bref toutes les applications des nano-technologies), robotique… Les recherches en cours aujourd’hui feront la richesse et la puissance de demain des pays qui y investissent.

Dès les premières années de l’école, l’enfant doit être familiarisé avec les sciences du futur et recevoir les outils qui lui permettront de les assimiler et de participer à leur développement. L’enfant ici veut dire tous les enfants, sans exception. Pas seulement ceux dont les parents peuvent payer des frais scolarité au secteur privé. L’égalité devant la science et la connaissance n’est pas une charité, c’est à la fois un devoir de l’Etat et un investissement plus pertinent dans la mesure où il augmente le, potentiel scientifique des Marocains. Il n’y a pas meilleur ascenseur social que la science. Elle propulse le scientifique, augmente la richesse du pays par ses diverse applications économiques et réduit les disparités sociales.

On prévoit que les supercalculateurs seront 1000 fois plus puissants que ceux d’aujourd’hui, qu’il y aura une station habitée sur la lune, que peut-être des gisements de métaux seront exploités sur Mars, que le cerveau humain pourra communiquer avec la machine et que la génétique permettra de corriger l’ADN d’une personne pour neutraliser la maladie qui la guette.

Nous avons la preuve que le développement n’est pas une question d’usines, d’autoroutes ou de gratte-ciels, qui n’en sont que l’apparence mais le résultat d’une intelligence qui peut être disciplinée et constamment améliorée. L’école en est la pépinière.

Ainsi, il n’est plus permis de se poser des questions sur l’importance de ceux qui veillent sur ces pépinières. Les enseignants sont les pionniers du développement.

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