Russie2018: DW proteste contre l’agression sexuelle de sa journaliste Julieth Gonzalez Theran

Le groupe audiovisuel public allemand Deutsche Welle a condamné aujourd’hui (jeudi 21 juin 2018) l’agression en direct de l’une de ses journalistes, embrassée et touchée contre son gré lors d’un direct en marge du Mondial-2018 en Russie.

« Des agressions de ce type ne sont pas acceptables. Nous devons tous nous engager pour que les femmes journalistes puissent faire leur travail pendant les grands événements sportifs », a réagi Ines Pohl, la rédactrice en chef de Deutsche Welle.

« Et cela commence par nommer les choses par leur vrai nom: ce n’est pas une peccadille, c’est une agression sexuelle », a-t-elle insisté.

La scène, qui dure quelques secondes, s’est produite mercredi à Saransk.

La journaliste colombienne Julieth Gonzalez Theran, qui travaille pour la rédaction hispanophone de Deutsche Welle, était en direct lorsqu’un homme coiffé d’une casquette surgit dans le champ de la caméra, met une main sur un bras de la jeune femme, l’autre sur sa poitrine, et l’embrasse sur la joue, avant de disparaître.

« J’étais sur place depuis deux heures pour préparer la retransmission et rien ne s’était passé », a déclaré Mme Julieth Gonzalez Theran, selon des propos transmis à l’AFP par Deutsche Welle.

« Lorsque nous étions en direct, ce supporter a utilisé la situation. J’ai regardé après pour voir s’il était encore là, mais il avait disparu », a-t-elle ajouté.

Mme Theran continuera à couvrir le Mondial en Russie et disposera désormais d’un « accompagnateur » lors des tournages, a indiqué à l’AFP une porte-parole de Deutsche Welle.

Elle est du reste, « comme il d’usage pour nos reporters à l’étranger », en contact avec les services de sécurité de la radio, a ajouté cette porte-parole.

Ce type d’agressions est beaucoup plus promptement dénoncé depuis l’essor du mouvement mondial #Metoo contre le sexisme et les violences faites aux femmes, né dans la foulée du scandale du producteur américain Harvey Weinstein.

Mais cette mobilisation a reçu un accueil très froid en Russie, où elle a été très critiquée, y compris par le président Vladimir Poutine.

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