Espagne : Le syndrome des jeudis

Le gouvernement de Pedro Sanchez, qui ne dispose pas d’une majorité confortable, tente d’éviter les contraintes et se concentre surtout sur les décrets à caractère consensuel. La situation.

Le Congrès menace de devenir une pierre sur le chemin du gouvernement avec lequel il trébuche encore et encore. L’absence de stabilité à la Chambre basse est l’un des facteurs qui affaiblit le plus l’action du pouvoir exécutif durant ces quelques 100 jours de gestion. Après le rejet du plafond des dépenses, le renouvellement de la RTVE ou le traitement par voie d’urgence de la réforme de la loi sur la stabilité budgétaire, le cabinet de Pedro Sanchez doit commencer la validation au Congrès des décrets royaux qui ont été approuvés par le Conseil des ministres depuis son arrivée à La Moncloa. L’opposition n’est pas encline à faciliter le chemin à l’Exécutif, estimant que le gouvernement abuse de ce mécanisme législatif, réservé aux questions de la plus grande exceptionnalité.

Afin de contourner les difficultés, de la faiblesse parlementaire qui implique d’être au sein du gouvernement, avec seulement 84 députés, le gouvernement a évité, dans un premier temps, la validation des décrets les plus controversés orientant son action vers ceux qui génèrent plus de consensus. Ce sont les décrets pour l’adaptation de la législation espagnole aux règles de la protection des données de l’Union européenne pour renforcer l’attention des médias aux demandeurs d’asile et des réfugiés, et le changement du cadre juridique pour garantir un accès universel au système national de santé. Ils ont été approuvés par le Conseil des ministres le 27 Juillet.

Il laisse donc pour plus tard d’autres décrets qui, à la connaissance du gouvernement, génèrent plus de controverses entre les partis d’opposition. Le cas le plus frappant est celui des mesures urgentes pour l’application du pacte d’État contre la violence sexiste. Vice-président et ministre de l’égalité Carmen Calvo a déclaré la semaine dernière au Congrès qu’il irait jeudi à la Chambre, mais a choisi de ne pas inclure ce décret à cause des doutes sur les positions des parties comme le PP et Ciudadanos qui s’interrogent ouvertement et le qualifient d’ « inconstitutionnel ». Le Conseil des porte-paroles a décidé de le reporter d’une semaine, comme le programme d’activation relatif à l’emploi.

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