Un million de maisons particulières vides

Sur plus de 25 millions de maisons formant stock en Espagne, 4% sont vides. Pourtant, la demande existe, même si elle est freinée par des considérations objectives. Une enquête fait le point.

Si de nombreux Espagnols n’ont pas de logement décent, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de propriétés disponibles en Espagne. Environ 4% des maisons appartenant à des privés, sans compter

celles qui sont détenues par des institutions financières, des fonds… sont vides, selon les estimations du portail immobilier Fotocasa recueillies dans son « Radiographie du marché du logement 2017-2018 ». Les dernières données disponibles sur le stock total de logements en Espagne est celle du ministère du Développement de 2016 qui avance le chiffre à 25,58 millions. 4% de maisons vides équivaut donc à 1,023 million.

Selon l’étude, plus vous avez de propriétés, plus il est courant d’en avoir une vide. Plus précisément, 24% des propriétaires de trois maisons ou plus en ont une dans cette situation, selon Fotocasa.

Bien que les conditions du marché du travail se soient améliorées en termes d’emploi, les salaires ne l’ont pas été. Cela, ajouté à l’escalade des prix de l’immobilier et au durcissement des conditions d’octroi des prêts hypothécaires, avait fait de la location la seule alternative pour des milliers d’Espagnols. Cependant, ces dernières années, les prix des baux connaissent une surchauffe particulière. Le manque de logements à louer, selon les experts, est en train de tirer les prix dans une large mesure. Au premier trimestre de cette année, ils ont augmenté de 18,3% en taux annuel, selon les données du portail immobilier Idealista.

En avril, ils sont remontés de 6,2%, selon les statistiques de Fotocasa. Si une grande partie de

ce parc de logements inutilisés était destinée à la location, la pression à la hausse sur les prix serait moindre. C’est, du moins, la théorie que certaines municipalités avancent, qui essaient ou ont essayé d’imposer une sorte de taxe sur ces maisons pour encourager leurs propriétaires à les mettre sur le marché locatif. La Catalogne est la première communauté à interdire ces surtaxes.

Le gouvernement autonome catalan a approuvé en juillet 2015 une taxe sur les maisons vides, avec un minimum exempté de 150 mètres carrés. La mesure a été portée en appel par le gouvernement et la Cour constitutionnelle a admis en février dernier l’appel d’inconstitutionnalité présenté par le pouvoir exécutif.

Le conseil municipal de Barcelone a également tenté de pénaliser les maisons inutilisées. Mais il s’est aussi heurté à la justice. La Cour supérieure de justice de Catalogne (TSJC) a annulé en novembre 2017 le taux qui avait été prévu après la soumission des deux ressources par Sareb et La Ceca. La taxe était que les propriétaires de biens immobiliers qui ont été au chômage pendant plus de deux ans paieront 633 euros.

La dernière tentative a été faite par la ville de Madrid, qui veut que le ministère des Finances l’autorise à établir une surtaxe allant jusqu’à 50% sur le quota liquide de l’impôt foncier (IBI) dans ces maisons vides de façon permanente.

Le dernier recensement disponible dans la ville de Madrid, de 2011, a assuré qu’il y avait 153.000 maisons sans utilisation dans la capitale. La surtaxe sur l’IBI est déjà appliquée depuis le début de l’année à Bilbao, bien qu’elle soit de 25%. Dans la capitale biscayenne, le nombre de maisons inoccupées est de 5.453.

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