Entretien Exclusif – Jo-Wilfried Tsonga : « Je suis heureux de jouer à Marrakech ! »

Le revenant Jo-Wilfried Tsonga a franchi une nouvelle étape sur le chemin de la reconstruction samedi 13 avril 2019 en atteignant la demi finale du Grand Prix Hassan II de Marrakech. Après plusieurs mois d’arrêt à cause de ses blessures, l’ancien numéro 5 mondial, classé actuellement 116e (ATP), a travaillé dur pour revenir au plus haut niveau, en remportant plusieurs titres.

Ravi de se retrouver à nouveau sur le terrain, le leader du tennis tricolore durant plus de dix ans se dit « fier de jouer à Marrakech », sur les cours du continent africain qui lui rappelle un peu ses origines congolaises. Agé de 34 ans, le tennisman français, plus confiant que jamais, est bien parti pour se projeter vers des lendemains plus radieux.

 

 

Vous avez eu une année 2018 un peu chaotique à la suite de plusieurs blessures. Comment vivez-vous votre retour sur le terrain ?

 

Très bien. J’ai par le passé vécu de belles choses, à travers le tennis, ça m’a apporté énormément de choses et de bonheur. Je suis juste heureux d’être sur le terrain, j’essaie de profiter au maximum, de pousser mes capacités là où je peux les amener et puis, sans trop me poser de question, j’aime jouer au tennis.

 

Vous étiez 5e au classement mondial ATP. Est-ce que c’était difficile pour vous cette traversée du désert ? Avez-vous eu des périodes de doutes et comment vous les avez surmontés ?

 

Quand on est blessé, ce n’est jamais drôle. On passe par des moments plus compliqués, où il y a des remises en question, un peu de doute ; après, quand on a encore quelque chose au fond du bide, en général, on surmonte cela relativement facilement, parce qu’on a des échéances de récupération, des points à reconquérir, des échéances de résultats, de progression physique… Finalement, la seule chose positive quand on est blessé, c’est qu’en général, on ne perd trop ! Quand on joue au tennis toute l’année, on perd toutes les semaines (rires), donc, pour nous joueurs, ce n’est pas mal, la vraie vie c’est assez facile, parce qu’on perd moins !

 

C’est la première fois que vous participez au Grand Prix Hassan II. Quel est votre sentiment ?

 

Ce n’est pas la première fois que je viens au Maroc, mais ça fait plaisir parce que c’est le continent africain et mon papa est congolais, j’ai l’impression d’avoir quelques codes, qui me reviennent comme le sens de l’humour, qui est important, et qui est le plus beau médicament du monde. En plus, je suis super bien accueilli, c’est d’autant plus agréable, parce que je ne suis pas d’ici, et j’ai l’impression d’être chez moi, en quelque sorte.

 

Vous connaissez un peu le Maroc ?

 

J’ai visité un peu le pays, j’étais venu l’été dernier pour visiter un petit peu, on est allés dans le désert, à 40 mn de Marrakech, on était logés dans la médina, dans un riad, donc, je me suis un peu imprégné de la culture marocaine. C’était sympa !

 

Vous avez battu l’italien Lorenzo Sonego en ¼ de finale. Une victoire plutôt facile où vous n’avez rien lâché ?

 

Je sers le jeu pour gagner quoi qu’il arrive, on est à un niveau où les joueurs jouent très bien, et tous les joueurs quand ils sont en confiance, ils sont capables de vraiment être très dangereux. Donc, à partir du moment où j’ai commencé mon match, j’ai essayé d’être sérieux sur mes jeux de service, prendre des initiatives sur les jeux de retour pour mettre un peu mon adversaire sous pression, et ça a bien fonctionné aujourd’hui, ça ne fonctionne pas à tous les coups mais ça marche bien pour cette semaine et j’espère que je pourrais atteindre la finale.

 

Comment vous vous préparez psychologiquement vos matchs ?

 

Il y a plusieurs phases : il y a celle où on essaie de ne pas y penser pour se vider un peu la tête, et puis, ensuite vient la phase où on en parle un peu avec le coach, pendant les entraînements, les échauffements, le soir, pendant le dîner (la veille du match). Et puis, le lendemain, quand on va sur le terrain, tout est à peu près clair sur ce qu’on a l’intention de faire sur le terrain.

 

La terre battue, ça vous a réussi en ce début d’année, parce que cela fait 2 ans que vous n’avez pas joué sur ce type surface ? Vous êtes plus à l’aise, plus confiant ?

 

Non, c’est juste que mon corps est en train de s’habituer au rythme du tour et du coup, je suis plus performant. Je pense que sur n’importe quelle surface, j’aurais été performant, après, les résultats sont toujours aléatoires. On peut être très performant et perdre le 1er tour parce qu’on a un joueur en face qui joue très bien. Pour l’instant, je me satisfaits de ce qui se passe, et puis, c’est tout.

 

Roland Garros, ça vous paraît accessible ?

 

Roland Garros, c’est toujours pareil, dans les grands tournois, il y a des étapes, moi, je suis en train de franchir certaines étapes, j’ai encore du boulot. Alors évidemment, si ça arrive, je serais le plus heureux des hommes mais pour l’instant, mes objectifs ne sont pas encore à ce niveau là, mais bon, si ça devait arriver, parce que je vais plus vite qu’il ne le faut, eh ben, tant mieux. Mais, aujourd’hui, j’essaie juste de faire mon travail au jour le jour, et il faut être régulier justement pour pouvoir espérer aller gagner un grand chelem comme celui de Roland Garros !

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