Donald Trump encense Boeing et recommande l’achat de ses avions

Dennis Muilenburg avec le président Trump

Dennis Muilenburg avec le président Trump

Dans son discours prononcé en Caroline du Sud, le président met en exergue les thématiques économiques de sa campagne.

Par Doug Cameron et Damian Paletta

Le président Donald Trump a couvert Boeing d’éloges dernièrement, en laissant entendre que le gouvernement américain pourrait croitre son business avec l’avionneur américain. Ce fut une belle occasion pour lui de promouvoir sa politique économique en reprenant les thèmes de sa campagne sur la nécessité de relocaliser les emplois aux États-Unis. Lors de son discours prononcé dans l’une des usines du constructeur aéronautique à Charleston du nord, le président Donald Trump a fait allusion au dernier né de la série Dreamliner (787-10) qui lui servait de toile de fond en lançant : « En voilà un avion magnifique. Félicitations aux hommes et aux femmes ici présents qui l’ont construit. Quelle extraordinaire œuvre d’art. Quelle œuvre remarquable ! ».
Le discours de 15 minutes, qu’il a prononcé en Caroline du Sud, a renforcé les thèmes qu’il a mis en avant pendant des mois en tant que candidat à la présidentielle et depuis qu’il a prêté serment. Il a ainsi promis de réduire les impôts pour presque tous les contribuables, diminuer le nombre de procédures concernant les entreprises, et trouver les moyens pour sanctionner financièrement les entreprises qui délocalisent et viennent vendre leurs produits sur le marché américain. « Ceci est notre mantra. Acheter américain et embaucher américain », a-t-il répété.
Une grande partie des composants du nouvel appareil 787 – qui devrait voler pour la première fois dans les prochaines semaines – est construite à l’extérieur des États-Unis et assemblée dans le Charleston du nord et dans les principales usines de Boeing près de Seattle. L’avionneur américain a créé une chaîne d’approvisionnement mondiale pour répartir les risques financiers du programme 787 entre de multiples partenaires. Alors que le groupe Boeing dispose d’un carnet de commandes record de près de 6000 avions de ligne, il a aussi procédé à des suppressions d’emplois en vue d’améliorer sa compétitivité et rivaliser avec le concurrent européen Airbus.
Les relations entre Boeing et Trump se sont considérablement apaisées au cours des dernières semaines suite à sa première bourde sur Twitter en décembre au sujet du coût très élevé de l’appareil Air Force One qu’il avait même menacé d’annuler. Le patron de Boeing Dennis Muilenburg a rencontré Trump à maintes reprises depuis, et il s’est engagé à réduire le coût du remplacement de la flotte présidentielle des jumbos 747.
En effet, Trump a annoncé récemment qu’ils étaient «proches» d’un accord sur la construction du successeur de l’Air Force One. Boeing a été requis de proposer de meilleurs prix pour ses jets de combat F/A-18 comme un substitut potentiel des avions F-35 construits par Lockheed Martin pour la marine américaine.
D’ailleurs, Trump a déclaré que le gouvernement envisageait de passer « une grosse commande » d’avions de combat F/A-18 supplémentaires. De ce fait, le Pentagone a entrepris une étude de comparaison entre le Boeing F/A-18 et le F-35 de Lockheed Martin. Le président a, toutefois, proposé un appui en faveur du F-35 de Lockheed. « Les prix n’étaient pas maîtrisables. Mais là ils sont tout à fait sous contrôle » a-t-il annoncé aux journalistes.
L’action de Boeing s’est aussitôt envolée pour atteindre un niveau record alors que celle de Lockheed a accusé une baisse en tandem avec la plupart des titres de l’industrie aérospatiale. Trump, qui a été invité par Boeing à l’événement, soutient que les entreprises et les travailleurs américains font face à des pratiques commerciales déloyales et déséquilibrées.
Cependant, il n’a pas mentionné les pays responsables de ces déséquilibres commerciaux. Mais il a fait référence à la manière dont il comptait renforcer la sécurité le long de la frontière américaine avec le Mexique. « Lorsque les conditions d’une concurrence loyale sont réunies, et je ne cesse de le répéter depuis longtemps, les travailleurs américains seront toujours, toujours gagnants », a-t-il assuré.
Trump peut adopter une partie de son programme économique et commercial par le biais des pouvoirs exécutifs. Mais la plupart de ses objectifs dépendront de l’appui du Congrès. Les modifications qu’il compte apporter à la législation fiscale, par exemple, exigeront probablement une importante réforme du code des impôts. Il a indiqué qu’il aimerait faire avancer cette démarche pendant l’été prochain. Mais les législateurs ne semblent pas avoir une idée claire sur la façon dont la Maison Blanche veut procéder.
D’ailleurs, il n’a pas présenté de calendriers précis à ce sujet lors de son discours. Le président a terminé son discours avec des éloges inhabituels à l’endroit de Boeing : « Que Dieu bénisse l’Amérique. Et que Dieu bénisse Boeing. »

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