La NASA lance InSight pour étudier les séismes sur Mars

La sonde InSight prendra plus de six mois pour se poser sur Mars et lancer des explorations géologiques sans précédent. Associated Press

Un robot géologue armé d’un marteau et d’un sismographe a été lancé en direction de Mars le samedi 5 avril, dans le but d’explorer le mys- térieux sous-sol de la planète rouge.

Contrairement à ses habitudes, la NASA a procédé au lancement de la sonde InSight depuis la Californie plutôt qu’au Cape Canaveral en Floride. Il s’agissait du premier lancement interplanétaire à partir de la côte ouest, ce qui a attiré des foules de spectateurs avant l’aube aux abords de la base aérienne de Vandenberg ainsi que le long de la côte jusqu’en Basse-Californie.

«C’est un grand jour. On retourne sur Mars !» , a lancé le nouveau patron de la NASA, Jim Bridenstine, à la suite du décollage de l’engin spatial. «C’est une mission extraordinaire avec pleins de nouveautés», se vanta ce dernier.

La sonde prendra plus de six mois pour fran- chir les 485 millions de kilomètres qui séparent la Terre de Mars et entreprendre des travaux d’excavation sans précédent.

InSight a pour mission de creuser le sol de la planète jusqu’à une profondeur de 5 mètres pour effectuer notamment des relevés de température. La sonde doit également tenter de mesurer pour la première fois les tremblements de Mars en utilisant un sismomètre de haute technologie qui sera placé directement sur le sol martien.

«C’est la vraie récompense de la mission dont beaucoup de défis restent à relever» , a souligné Bruce Banerdt, le responsable scientifique d’InSight au laboratoire JPL de la NASA à Pasadena – Californie.

Bien que le brouillard ait empêché M. Banerdt de voir le décollage de la mission évaluée à un milliard de dollars, il a tout de même pu entendre le puissant grondement de la fusée et des nombreuses alarmes de voitures qui ont été déclenchées par les vibrations.

«C’était un moment incroyable» , a déclaré le chef scientifique de la mission à l’Associated Press. Malgré les défis à venir, «je pense que je peux me permettre un moment de satisfaction et avoir le sentiment qu’on a réellement accompli quelque chose aujourd’hui».

En plus de la sonde InSight, la fusée Atlas V de la United Launch Alliance a lancé deux mini-satellites, ou CubeSats. Ils vont suivre leur propre course vers Mars dans le sillage d’InSight, dont ils pourraient transmettre des données sur son entrée dans l’atmosphère martienne et son atterrissage. Les deux satellites de la taille d’une valise ont été lancés, depuis l’étage supérieur de la fusée à la poursuite d’InSight, sous les applaudissements et les poignées de mains des contrôleurs exaltés.

Rappelons que la NASA n’a pas envoyé d’engin spatial en direction de la planète Mars depuis le robot Curiosity en 2012. Les Américains sont, en fait, les seuls à avoir réussi une mission sur Mars. Il s’agit d’opérations complexes, et difficiles. A peine 40% des missions dirigées vers Mars ont eu du succès.

Si tout se passe bien, la sonde devrait atterrir en parachute sur une région équatoriale plate de la planète rouge – exempte des gros rochers potentiellement dangereux – le 26 novembre. Une fois sur place, elle restera en position fixe, utilisant un bras mécanique pour placer les instruments scientifiques sur le sol.

Selon M. Banerdt, Mars serait le lieu idéal pour mieux comprendre comment les planètes rocheuses de notre système solaire ont été formées il y a 4,5 milliards d’années. La mission pourrait aussi permettre de savoir pourquoi la vie a pu se développer sur notre planète et pas sur d’autres.

Au cours de deux années terrestres, soit une année martienne, la NASA compte fournir des images 3D de la planète Mars à l’aide des trois principales expériences d’InSight. Les scienti- fiques savent que Mars possède un noyau métallique et une croûte. Mais au-delà, l’intérieur de la planète nous est «complètement inconnu» , conclut M. Banerdt.

laissez un commentaire