Le roi Salman nomme son fils ambassadeur aux États-Unis

 

La nomination du prince Khaled bin Salman s’inscrit dans le cadre d’un effort visant l’amélioration des liens entre Riyad et l’administration Trump. Par Nikhil Lohade et Dahlia Kholaif

Le roi Salman a nommé l’un de ses fils ambassadeur du royaume aux États-Unis. Cette nomination intervient à l’heure où Riyad cherche à consolider ses liens avec Washington suite aux différends avec l’administration Obama concernant l’Iran et d’autres politiques américaines dans la région. La nomination du prince Khaled Bin Salman en tant que nouvel envoyé à Washington a été annoncée dans un décret publié par le monarque saoudien samedi dernier, selon l’agence de presse officielle saoudienne. Le jeune prince, à peine la vingtaine, remplace le prince Abdullah bin Faisal bin Turki bin Abdullah Al Saud. En effet, la nomination du prince Khaled s’inscrit dans une série de décrets et mesures annoncés par le roi Salman au cours du week-end dont notamment le rétablissement des indemnités et des primes au profit des fonctionnaires de l’État. Des avantages qui leur ont été retirés l’année dernière. Le prince, très proche de son frère, le prince héritier adjoint Mohammed bin Salman – la trentaine – supervise les forces de défense saoudiennes ainsi que les initiatives de la réforme économique du royaume. Le prince Khaled a accompagné son frère lors de la visite officielle à Washington en juin dernier. Les deux sont considérés comme faisant partie du cercle restreint de conseillers du roi.

Prince Khaled a étudié à l’Université de Georgetown et à l’Université de Harvard, selon le site Web de la chaîne d’information saoudienne Al Arabiya. Il a également servi comme pilote de l’armée de l’air saoudienne. Lors de son service, il a reçu une formation à la base aérienne de Nellis au Nevada et à la Base aérienne de Columbus dans le Mississippi. Il a fait partie des pilotes qui ont bombardé les positions du groupe islamique au Yémen, selon Al Arabiya et des rapports de la presse locale. L’Arabie saoudite, à prédominance musulmane sunnite, s’est fortement opposée à l’accord nucléaire conclu entre l’Iran chiite et les États-Unis ainsi que cinq autres puissances mondiales en juin 2015. Riyad considère l’accord comme une concession dangereuse accordée à Téhéran, son rival dans la région du Moyen-Orient en matière d’influence. Les deux pays appuient des parties opposées dans les guerres en Syrie et au Yémen. Alors que l’administration Obama considérait l’accord comme l’une de ses principales réalisations en matière de politique étrangère, Donald Trump a critiqué l’accord lors de sa campagne présidentielle, et depuis son entrée au bureau ovale, il a imposé de nouvelles sanctions américaines à des entités liées à l’Iran.

Son administration a informé le Congrès américain la semaine dernière que l’Iran respectait les termes de l’accord. Mais le secrétaire d’État Rex Tillerson a indiqué que Trump se penchait sur la question de savoir si les États-Unis devaient faire marche arrière quant aux sanctions imposées à l’encontre de l’Iran, comme l’exige l’accord, compte tenu de sa déclaration concernant le soutien de Téhéran à certains groupes que Washington désigne comme organisations terroristes. Les responsables américains qui ont accompagné le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, lors d’une visite de deux jours à Riyad la semaine dernière, ont déclaré que les États-Unis envisageaient d’assurer un soutien militaire dans la lutte du royaume contre les rebelles Houthi soutenus par l’Iran au Yémen dans l’espoir de les contraindre à des négociations de paix. Dans une déclaration publique lors de son séjour à Riyad, le chef de la Défense américaine a souligné qu’il était important pour les États-Unis d’aider à « renforcer la résistance de l’Arabie saoudite contre les méfaits de l’Iran ».

L’Arabie saoudite a toujours été un important acheteur d’armes américaines et, en tant qu’ambassadeur à Washington, le Prince Khaled jouera un rôle crucial dans la conclusion de nouveaux marchés. À cet égard, il a un pedigree familial. « Le prince Khaled est considéré comme une version moderne de Bandar bin Sultan, qui a également été formé comme pilote de chasse avant de piloter les relations américano-saoudiennes depuis plus de deux décennies en tant qu’ambassadeur à Washington », soutiennent Lori Plotkin Boghardt et Simon Henderson, du Washington Institute for Near East Policy.

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