Les cours glissent en raison d’une offre excédentaire

Le virage à la baisse qu’a connu le marché pétrolier du jour au lendemain est la dernière preuve que la tendance baissière pourrait se poursuivre au lieu de se diriger vers 60 $ le baril. Par Timothy Puko, Sarah McFarlane et Jenny W. Hsu

Les cours pétroliers ont reculé, lundi dernier, car la production croissante américaine et d’autres signes annonçant une offre excédentaire mondiale continuent de déjouer la reprise largement attendue. La baisse affichée lundi par rapport aux gains enregistrés dans la nuit de dimanche à lundi est le dernier signe que l’or noir risque de poursuivre sa dégringolade au lieu d’atteindre les 60 dollars le baril, comme l’ont prédit certains courtiers et analystes. Les pertes essuyées lundi marqueraient la sixième séance en baisse consécutive pour le pétrole américain qui a reculé de 8,3% après avoir atteint un plus haut niveau sur un mois, le 11 avril. La reprise ne dépassera point 50 $ le baril pour la deuxième moitié de l’année. Le contrat sur le pétrole brut léger pour livraison en juin a récemment perdu 27 cents, soit 0,5%, à 49,35 $ le baril sur la New York Mercantile Exchange. Le Brent, l’indice de référence mondial, a abandonné 23 cents, soit 0,4%, à 51,73 $ le baril sur l’ICE Futures Europe.

Le calme qui a caractérisé les marchés du brut a connu une fin abrupte la semaine dernière, car les données sur la production croissante des États-Unis et les stocks d’essence ont provoqué un selloff important le mercredi. Les gestionnaires de fonds ont été trop optimistes quant aux perspectives des cours pétroliers surtout après les réductions convenues par les grands exportateurs du monde. Lesquelles réductions ont poussé beaucoup d’entre eux à croire que les stocks allaient diminuer. Les selloffs se sont ensuite poursuivis cette année car l’épuisement des stocks US a été limité. « Tous les signes aux États-Unis indiquent toujours que la production pétrolière est en hausse », a indiqué Commerzbank dans une note, ajoutant que l’activité de forage n’a presque pas arrêté d’augmenter depuis 11 mois. En plus des séquences perdantes, le marché a actuellement perdu le terrain gagné dans chacune des trois dernières séances. C’est probablement un autre signe annonçant que l’élan et le sentiment des traders sont passés de la tendance haussière à la baissière, soutiennent les courtiers et les analystes.

« Nous ne faisons que commencer », a déclaré Oliver Sloup, directeur des contrats à terme gérés chez iiTrader à Chicago. « Il semble que les parts de marché que (ces exportateurs) abandonnent, vont être récupérées par les États-Unis ». Les traders sont également préoccupés par les données publiées vendredi affichant une autre augmentation en matière de plates-formes pétrolières, et une quantité croissante d’expéditions pétrolières en provenance de la côte américaine du golfe. Plus de données publiées au cours du week-end par ClipperData et le gouvernement de Singapour montrent également une augmentation des stocks à Singapour. Une autre donnée qui ne fait que renforcer la tendance baissière, selon les analystes. Les investisseurs se demandent aujourd’hui si les coupes de production actuelles de l’OPEP et de la Russie seront finalement suffisantes pour réduire suffisamment les approvisionnements mondiaux. « Au deuxième semestre, nous verrons une forte croissance de la production américaine. Ce qui entraverait les efforts de l’OPEP », met en garde Giovanni Staunovo, analyste chez UBS. Et ce dernier d’ajouter que lors de la prochaine réunion de l’OPEP en mai, les membres devraient évaluer si leurs coupes ont pu réduire les stocks mondiaux tout en tenant compte de l’impact qu’une hausse de la production pourrait avoir sur les cours pétroliers. « La décision prise l’année dernière a également été liée aux membres les plus faibles de l’OPEP qui voulaient bénéficier de revenus plus élevés. Par conséquent, je pense que ce sera une extension, en raison du fait que cette option pourra générer des revenus plus élevés », a-t-il précisé.

Les prix du pétrole ont grimpé d’environ 20% l’année dernière après la décision de l’OPEP et d’autres grands producteurs de réduire la production d’environ 1,8 million de barils par jour au cours du premier semestre de 2017. À ce jour, le cartel a conclu un accord provisoire pour maintenir ces réductions jusqu’en juin. Mais il n’y a pas eu de consensus sur la durée. « La question qui inquiète le marché : Et si la réduction de la production ne fonctionnait pas. Que pourrait faire l’OPEP d’autre ? », se demande Gao Jian, analyste chez SCI International. Les contrats à terme d’essence ont récemment abandonné 0,9% à 1,6306 $ le gallon. Les contrats à terme diesel ont perdu 0,3% à 1,5481 $ le gallon.

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