Les perspectives économiques affaiblies par une grave sécheresse

La Banque mondiale affirme que la violence autour des élections, et la hausse mondiale des cours pétroliers risquent d’impacter négativement la plus grande économie de l’Afrique de l’Est. Par Matina Stevis

L’économie kenyane, un point lumineux rare dans un continent mis à mal par la chute des prix des matières premières, progressera à un rythme plus lent en 2017 à cause d’une sécheresse, a annoncé mardi la Banque mondiale. L’impact de la sécheresse qui affecte plusieurs régions du pays, provoquant une crise alimentaire dévastatrice à travers la Corne de l’Afrique, pourrait réduire de 0,6 point de pourcentage la croissance de l’économie la plus grande et la plus développée de l’Afrique de l’Est, avertit la Banque.

Les élections de cette année, ainsi que les événements mondiaux comme la hausse des cours pétroliers contribueront au ralentissement, mais à 5,5%. Le Kenya continuera de croître plusieurs fois plus rapidement que la moyenne en Afrique subsaharienne. La violence autour des élections a toujours perturbé considérablement les activités du pays pendant des semaines. L’activité économique connait souvent un ralentissement préoccupant le temps d’une élection. Le rapport de la Banque mondiale indique que la croissance devrait rebondir à 5,8% en 2018 et au-dessus de 6% en 2019. Pourtant, cette tendance peut s’avérer insuffisante pour catapulter le Kenya au « statut de revenu moyen », une désignation des économies émergentes sorties de la pauvreté, avertit le rapport.

Bien qu’il soit impressionnant aux yeux de l’Occident, le taux de croissance de 5% à 6% reste à la traine des voisins de l’Afrique de l’Est comme la Tanzanie et le Rwanda. Ces deux pays enregistrent une croissance de 7% par an. Un taux qui reste tout de même insuffisant pour compenser la croissance de la population. Ce qui diminue l’impact d’une croissance rapide. L’économie du Kenya intéresse particulièrement les investisseurs. Contrairement à la plupart des acteurs majeurs en Afrique, comme le Nigéria, le Kenya ne dépend pas du pétrole ni du minerai pour ses revenus. La Banque mondiale a indiqué que la diversification économique du pays, dont les services représentent la majeure partie de la croissance du produit intérieur brut, est une aubaine qui contribue à la stabilisation de l’économie kenyane. Toutefois, la disponibilité du crédit reste un risque majeur pour les aspirations du Kenya.

La croissance du crédit est à son plus bas depuis 13 ans, freinant ainsi la croissance de tous les secteurs de l’économie, selon le rapport de la BM. Certains avancent que la situation a été aggravée par l’adoption d’une loi à la fin de 2015, limitant les taux d’intérêt en dépit des conseils de la banque centrale locale. Le Fonds monétaire international a dénoncé la décision du gouvernement au début de cette année. Laquelle décision a été considérée en grande partie comme une tentative populiste visant à rassurer les électeurs en leur proposant des prêts bon marché avant les élections d’août 2017. Le FMI a également signalé que cette démarche a entraîné une baisse de 0.8 point de pourcentage à la croissance. « Il existe des preuves du rationnement du crédit, car certaines banques ont annoncé des plans visant à réduire les nouveaux prêts à la consommation non garantis », a souligné le rapport de la Banque mondiale.

« Cela aura un impact sur les achats de biens durables au niveau des ménages [ex : les voitures, les logements] et des entreprises dans le secteur manufacturier, de la construction et de l’immobilier. Ce qui freinera la demande intérieure et les perspectives de croissance du Kenya », ajoute le rapport.

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