Mark Zuckerberg renvoie la balle à Tim Cook

Suite au scandale de Cambridge Analytica et les critiques qu’il a suscité, le patron de Facebook monte au créneau en défendant son entreprise et en s’en prenant à ses concurrents de la Silicon Valley. Par Imani Moise

Le CEO de Facebook Inc. (FB -2,90%) Mark Zuckerberg a répliqué aux critiques formulées par le patron d’Apple Inc. Tim Cook, les qualifiant de «non conformes à la vérité» .

La semaine dernière, M. Cook a indiqué qu’il ne se retrouverait jamais dans la situation dans laquelle se trouvait M. Zuckerberg après le scandale de Cambridge Analytica. M. Cook a tenu à souligner ce qui, selon lui, différencie fondamentalement le constructeur d’acteurs comme Google et Facebook dont le business model repose essentiellement sur les données de l’utilisateur et les services gratuits. Il a également appelé à la réglementation des données et de la vie privée, affirmant que certaines entreprises technologiques n’avaient pas réussi à s’auto-réglementer et à limiter les données qu’elles collectaient auprès des utilisateurs.

Dans une interview avec Ezra Klein de Vox Media, M. Zuckerberg a rejeté la notion voulant que Facebook ne se préoccupe pas de ses utilisateurs, suggérant que de tels propos étaient «extrêmement désinvoltes» .

Le patron de Facebook a rappelé dans l’interview, publiée dans un podcast lundi matin, l’objectif de Facebook visant à connecter le monde. L’entreprise a changé l’énoncé de sa mission l’année dernière tout en affirmant son intention d’œuvrer pour un redressement du «déclin frappant de l’importante infrastructure sociale des communautés locales» .

Pour atteindre le plus grand nombre possible d’utilisateurs, a-t-il lancé, son entreprise doit s’appuyer sur un modèle publicitaire pour pouvoir offrir un produit gratuit.

«Il y a des entreprises qui travaillent dur pour augmenter votre facture, et il y en a d’autres qui travaillent sans relâche pour vous facturer moins» , lâcha M. Zuckerberg dans l’interview, attribuant la citation à Jeff Bezos, le CEO d’Amazon.com. «Je pense qu’il est important que nous ne cédions pas tous au syndrome de Stockholm et ne laissions pas des entreprises qui vous facturent plus vous convaincre qu’elles se préoccupent vraiment plus de vous» .

Apple et Facebook n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires à ce sujet.

L’action Facebook a été durement touchée depuis la mi-mars suite aux révélations fai- sant état de l’obtention, de manière incorrecte, des données de ses utilisateurs par Cambridge Analytica, une firme d’analyse de données qui a travaillé pour la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

Cet incident a suscité un examen minutieux et a ravivé des préoccupations de longue date concernant les pratiques de confidentialité de Facebook et d’autres entreprises technologiques.

M. Zuckerberg s’est excusé pour cet incident. Il s’est juré d’identifier les usages abusifs des données personnelles par les développeurs d’applications. Et Facebook a, depuis, peaufiné ses outils de confidentialité afin que les utilisateurs puissent plus facilement suivre et modifier les données les concernant sur le réseau social.

L’action Facebook a chuté d’environ 12% au cours du mois dernier, soit une baisse de plus de 60 milliards de dollars de la valeur marchande de l’entreprise.

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