Remington en quête de protection contre la faillite

Le fabricant d’armes croule sous une lourde charge d’endettement, doublée d’une baisse des ventes et à des poursuites liées au carnage à l’école de Sandy Hook. Par Lillian Rizzo

Le fabricant d’armes à feu, Remington Outdoor Co., a eu recours dimanche 25 mars à la protection de la loi sur les faillites. Alors que les ventes du plus ancien armurier américain ont fortement baissé dans l’année qui a précédé son dépôt de bilan, il a eu du mal à honorer ses engagements avec ses créanciers. La société a également fait l’objet de poursuites liées à la tuerie qui a eu lieu à l’école de Sandy Hook.

Remington a déposé une demande de règlement judiciaire au titre du chapitre 11 auprès du tribunal des faillites de Wilmington, Delaware, avec l’intention de céder le contrôle de la société à ses créanciers – dont notamment Franklin Resources Inc. et la division de gestion des actifs de JPMorgan Chase & Co. – en échange de l’apurement d’une grande partie de sa dette.

Selon les déclarations de sources proches du dossier au quotidien américain The Wall Street Journal, la demande de protection aux termes du chapitre 11, annoncée le mois dernier, a été reportée suite à la fusillade du 14 février à Parkland, en Floride. Ce massacre, qui a fait 17 morts, a ravivé le débat national sur la réglementation des armes à feu, confient ces mêmes sources.

Fondé en 1816, Remington est l’un des fabricants d’armes et de munitions les plus anciens et les plus importants d’Amérique. La société Madison, N.C., prévoit de poursuivre ses activités et de payer ses fournisseurs et employés sous la protection de la faillite.

La procédure de dépôt de bilan met un terme à la société de capital investissement Cerberus Capital Management LP dans le secteur des armes à feu. La société de capital-investissement avait racheté Bushmaster Firearms International en 2006 et. Et en 2007, elle a versé 118 millions de dollars à Remington et pris en charge 252 millions de dollars de sa dette. Le fonds américain Cerberus a ensuite créé Freedom Group Inc., une holding composée de Bushmaster, Remington et d’autres fabricants d’armes à feu.

Au cours des années qui suivirent, Cerberus connut une série de hauts et de bas avec l’entreprise qu’elle comptait faire entrer en bourse. Mais les échecs en matière de gestion et de fabrication ont compliqué les efforts visant la réorganisation des opérations.

En décembre 2012, un fusil Bushmaster a été utilisé pour tuer 20 enfants et six membres du personnel dans une école élementaire de Sandy Hook dans le Connecticut. Quelques années après la fusillade, neuf familles de victimes ont intenté une action en justice contre Remington, alléguant que le fabricant d’armes était responsable de la production et de la vente d’une arme impropre à l’usage civil. L’affaire a depuis atteint la Cour suprême du Connecticut, et l’industrie des armes à feu attend anxieusement la décision du tribunal.

Cerberus a tenté en vain de revendre Reming- ton à la demande des actionnaires. Et, en 2015, le groupe a séparé Remington Outdoor Co. de ses fonds tout en donnant aux actionnaires la possibilité d’extraire des liquidités de l’entreprise.

Bien que Remington ait conclu un accord pour céder le contrôle à ses créanciers, les nouveaux propriétaires prévoient de passer l’actif à un autre acquéreur dès qu’ils peuvent le faire de manière rentable, rapporte le Wall Street Journal.

La faillite intervient alors que l’industrie des armes à feu fait face à une demande en baisse et à une surabondance de stocks après avoir dopé la production avant l’élection présidentielle de 2016, où une victoire d’Hillary Clinton devait déclencher des règles de propriété d’armes plus strictes.

Dans les dossiers de la Cour, l’entreprise a cité la Pension Benefit Guaranty Corp., qui est responsable de l’échec des régimes de retraite du secteur privé ainsi que le régime de retraite de sa filiale Marlin comme étant ses plus importants créanciers non garantis.

La société est actuellement conseillée par le cabinet d’avocats Milbank, Tweed, Hadley & McCloy LLP, la banque d’investissement Lazard et le conseiller financier Alvarez & Marsal Capital Partners.

 

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