Toyota injecte 1,3 milliard de dollars dans l’usine du Kentucky

Les critiques du président américain Trump à l’encontre des visées mexicaines du constructeur japonais portent leurs fruits. Par Adrienne Roberts

Toyota Motor Corp. (TM, 0,07%), a annoncé un investissement de 1,3 milliard de dollars dans son usine de berlines Camry au Kentucky dans le cadre d’un plan de développement aux États-Unis. Une démarche qui pourrait éventuellement réchauffer les relations du géant de l’automobile japonais avec l’administration Trump.

Le plan d’investissement est en cours d’élaboration coïncidant avec l’introduction de produits améliorés aux États-Unis. L’annonce intervient dans un contexte d’incertitude sur la politique commerciale du président Donald Trump qui a fortement critiqué les projets de Toyota de construire des unités de production à hauteur d’un milliard de dollars cette année à Guanajuato, Mexique.

D’ailleurs en mars, lors d’une visite à Detroit, Trump a brièvement soulevé la question du Mexique alors qu’il s’entretenait avec Jim Lentz, le grand patron américain de Toyota. « Vous devez construire des usines ici », demanda Trump. « Je sais que je vous ai rendu la vie difficile. Mais il faut les construire ici », a-t-il martelé. Et Lentz de lui répondre : « Je comprends ».

Dans un communiqué diffusé par Toyota, Trump a souligné que l’investissement des constructeurs automobiles est la preuve que les constructeurs sont maintenant convaincus que le climat économique s’est considérablement amélioré sous son administration. Toyota se joint à Fiat Chrysler Automobiles NV et General Motors Co. En faisant des annonces sur de gros investissements dans la construction d’usines américaines depuis l’investiture de Trump.

Les patrons du secteur automobile ont fait preuve d’optimisme quant à la réforme fiscale, le relâchement potentiel des normes d’émissions et d’autres facteurs d’investissement. Le président de Toyota, Akio Toyoda, a indiqué en janvier que le maintien de bonnes relations avec le président Trump est essentiel.

Toyota vise à investir 10 milliards de dollars aux États-Unis au cours des cinq prochaines années. Les 8.200 employés dans l’usine en cours de rénovation à Georgetown, à Ky., représentent la plus grande usine de Toyota au monde, a précisé la compagnie. Le constructeur japonais n’a pourtant manifesté aucune intention de suivre la décision non conventionnelle de Ford Motor Co. d’abandonner une usine en construction au Mexique. En effet, Toyota a commencé la construction d’une usine au sud de la frontière en novembre, où elle compte bientôt produire des petits modèles Corolla dont la construction est moins rentable sur des marchés à coût élevé comme le Canada et les États-Unis.

Trump a menacé d’imposer une taxe à la frontière sur les entreprises qui délocalisent leurs activités à l’étranger. L’administration Trump a récemment signalé qu’elle n’apporterait que de modestes changements à l’Accord de libre-échange nord-américain. Mais les tarifs pourraient être rétablis.

Toyota a affirmé que la production mexicaine a représenté moins de 7% de sa production nord-américaine l’année dernière. Son porte-parole a déclaré que le constructeur automobile « surveille de près » le marché américain. Et puisque la demande de camionnettes et de SUV continue de dépasser la demande de berlines, « nous continuons à chercher des moyens d’accroître nos capacités afin de répondre à ces demandes (pick-up et SUV) en Amérique », souligne le constructeur.

L’investissement de 1,3 milliard de dollars sera consacré à la construction de nouvelles versions du modèle Camry et d’autres modèles basés sur une nouvelle architecture d’ingénierie. Le constructeur automobile a déclaré que l’usine avait produit en 2016 plus de 500.000 véhicules, soit près d’un quart du nombre total des véhicules Toyota construits en Amérique du Nord.

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