Abdelouahab Naciri, DG Scama Ford Maroc : «le marché automobile est en train de reprendre» (vidéo)

Abdelouahab Naciri, DG Scama Ford Maroc

Abdelouahab Naciri, patron de Scama Ford Maroc

 

Le marché automobile s’anime après des mois d’avril-mai beaucoup plus difficiles que le mois de juin. Comment la marque Ford a résisté à ce choc inattendu ?

Le point avec Abdelouahab Naciri, patron de Scama Ford Maroc 

Entretien réalisé par Fatima Zohra Jdily

 

L’automobile a été parmi les secteurs les plus impactés par la crise sanitaire inédite de la Covid-19, comment avez-vous pu gérer la situation, notamment la phase de confinement?

La crise a surpris le monde entier. Dans tous les pays où on a observé un confinement strict, le secteur de l’automobile a vraiment beaucoup souffert. C’est l’un des secteurs qui a été le plus impacté dans le monde. On a observé en Europe des marchés qui ont baissé de 85 à 90%.

Au Maroc, on a été un peu dans la même tendance. Lors des mois d’avril-mai, on a eu des chutes de marché de plus de 80%. En juin, on a commencé à reprendre. Mais sur les mois de mars, avril et mai, c’était des chutes vraiment très importantes. C’est-à-dire, vous tournez à 10% de votre capacité.

Les showrooms ont été fermés. Pour les services après-vente, on a maintenu un service minimum. Il fallait quand même s’occuper des véhicules utilitaires. On a des clients à nous qui font partie du personnel sanitaire et qui avaient besoin quand même d’entretenir leur véhicule. Et donc, nous avons maintenu un service minimum dans à peu près toutes les villes où nous sommes présents. Nous avons essayé de rester en contact au maximum avec nos clients à travers le digital, via notre site Internet. On a développé des solutions pour répondre à leurs questions dont le chat online, les communications avec WhatsApp. Le client peut entrer sur le site ou utiliser WhatsApp et contacter et discuter avec un commercial s’il a besoin d’informations ou un rendez-vous au niveau des ateliers.

On a mis en place également des visites virtuelles dans nos showrooms. Nous avons beaucoup communiqué avec nos clients sur la partie protection et comment entretenir le véhicule pendant le confinement. Vous savez, un vécu qui reste sans bouger pendant deux mois, il y a quand même un minimum en entretien à faire, même à la maison. Donc on a essayé de communiquer au maximum avec nos clients, à travers le digital et le téléphone, pour les rassurer. Mais en effet, on a été très impacté par la crise.

Vous avez parlé d’une baisse d de plus de 80%. Quel est le segment qui a été le plus impacté ?

Dans notre gamme Ford, tous les segments ont été impactés. Mais la voiture pour particuliers, j’entends la Fiesta, le Kuga, c’est à dire les véhicules que les gens achètent pour l’utilisation quotidienne, pour aller au travail, ont beaucoup baissé. Les utilitaires un peu moins. Vous savez, tout le secteur de la logistique, le secteur médical avec les ambulances et autres sont restés actifs.

 

Peut-on parlé d’attentisme au lieu de baisse ?

Il y a une catégorie de clients qui ont juste reporté leurs achats. Donc là, on peut parler d’un attentisme, c’est-à-dire quelqu’un qui voulait acheter une voiture avec la crise, il s’est dit bon, j’attends, parce que même si j’achète le véhicule maintenant, je ne vais pas l’utiliser. Pour cette catégorie de clients, on peut parler d’attentisme. Mais il y a une autre catégorie de clients pour lesquels on ne peut pas parler d’attentisme. Mais là, c’est une perte de volume. La location courte durée et le tourisme sont toujours en crise et ce sont des ventes qu’on ne pourra pas rattraper.

Dans les segments du marché, le particulier qui veut acheter sa voiture pour se déplacer lui-même, aller à son travail, ce client va acheter parce qu’il aura toujours besoin de son véhicule. Par contre, les gens qui ont perdu leur emploi et leurs revenus, ou alors des secteurs qui restent quand même très sinistrés comme le tourisme et la partie location de voiture, ces deux secteurs, malheureusement, on ne pourra pas rattraper. Ce sont des pertes de volume de ventes.

Aujourd’hui et on l’a senti en juin, le marché est en train de revenir. Au mois de juin, le marché est à peu près à 70% d’un mois normal, ce qui est très bien. Aux mois d’avril-mai, on parle d’une baisse de 80 à 85%. Sur le mois de juin, on parle d’une baisse de 30%. Donc on espère aussi que sur le deuxième semestre, si tout va bien, si on n’a pas une autre vague de crise, le marché va reprendre. Mais je ne pense pas qu’il va reprendre au niveau de l’année dernière, parce qu’il restera toujours des gens qui ont perdu leur emploi et leurs revenus. Un secteur qui reste quand même sinistré et il est important pour l’automobile, c’est le transport touristique…

Quel est votre plan pour donner un nouveau souffle à l’ensemble des vos segments ?

Pour relancer notre activité, on s’est dit bon, aujourd’hui, on est face à des clients dont certains ont toujours leurs revenus. Ils cherchent une remise et on a bien sûr des offres de remises intéressantes pour encourager les clients à concrétiser leurs achats. Il y a une autre partie de nos clients qui sont des gens qui ont momentanément perdu leurs revenus ou leurs revenus ont baissé provisoirement, là, on a mis une offre Ford esprit tranquille. C’est une campagne internationale qui était lancée par Ford Europe. Nous l’avons reprise ici et dupliqué pour les gens dont les revenus ont légèrement baissé, pour les encourager à passer à l’acte immédiatement.

La première mensualité qu’ils vont payer n’arrivera qu’en 2021, soit six mois de différé. Cela permet à l’acheteur, s’il a un peu des soucis de trésorerie maintenant, d’être allégé, c’est à dire d’avoir l’esprit tranquille. On offre un entretien gratuit pour 12 mois. Là aussi, on le décharge de toutes les charges qu’il peut engager sur l’année. On a même des offres de crédit gratuit si le client le souhaite. Donc, globalement, c’est une offre qu’on a packagée et qu’on a généralisée. On à d’autres solutions de financement, par exemple sur une location avec option d’achat et de location aux particuliers. C’est-à-dire que le client ne paye que ce qu’il utilise sur le véhicule. Après, on a une option pour la relance. En tout cas, on a toute une batterie de solutions dont l’objectif est vraiment de dégager le client de toutes les charges qu’il va devoir supporter sur l’année et les reporter sur l’année prochaine.

Aujourd’hui, si on dit que le secteur automobile est le moteur de la relance, quelle est votre réaction ?

L’automobile, d’un point de vue global, parce qu’il y a la partie commercialisation et la partie industrie, effectivement, est un secteur qui emploie des centaines de milliers de personnes. C’est un secteur moteur dans l’industrie et le commerce au Maroc. Donc c’est vraiment un moteur de l’économie et il mérite d’être vraiment regardé. Je pense que le ministère de l’Industrie se penche de façon étroite sur le secteur et il a raison de le faire.

 

 

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