Brice El Glaoui Bexter : « J’ai été touché par le côté humain d’Andy Garcia »

Passionné par le 7ème art depuis son plus jeune âge, le jeune talent franco-marocco-anglo-tchèque nous dit tout sur son rôle d’agent antiterroriste dans le dernier film de Hicham Hajji « Redemption Day » et de son expérience avec les célèbres acteurs américains Andy Garcia et Gary Dourdan.

Le petit fils du peintre Hassan El Glaoui nous parle également de son rôle principal dans « Otages », le dernier film de Mehdi El Khaoudy projeté en ouverture du Festival de Tanger et qui met en scène le massacre macabre d’un village yazidi par un groupe armé lié à Daech.

 

 

Dans « Redemption day », vous incarnez le personnage de Younes Laalej, agent haut gradé du BCIJ (Bureau central d’investigations judiciaires). Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce personnage ?

Comme beaucoup de garçons en grandissant, j’ai toujours été fasciné par le métier d’agent spéciale pour le FBI, MI5, Interpole… La BCIJ est considérée comme le « FBI du Maroc » et a été mondialement félicitée pour ses efforts dans la lutte contre le terrorisme. Etant moi-même le fruit de plusieurs cultures, les relations internationales m’ont toujours beaucoup intéressées et la cohésion entre différents pays autant au niveau politique que sécuritaire m’a donc toujours intriguée. Redemption Day remet le Maroc à sa juste valeur en incarnant cette nouvelle image internationale et mondialisée que notre pays a su prendre. On a donc décidé d’illustrer la brigade anti-terroriste comme Hollywood illustre le FBI : transnationale et moderne.  Avoir l’opportunité d’explorer autant de nouveaux thèmes à travers ce film pour notre pays et d’incarner un personnage unique dans son genre m’ont tout de suite beaucoup attiré. Hicham ne voulait surtout pas tomber dans le cliché d’un film qui illustre uniquement le côté folklorique du Maroc, mais au contraire, il voulait mettre en avant les efforts de modernisation fait par notre pays. Jouer le rôle d’un personnage maghrébin dans lequel vous incarnez le bien face au mal est davantage attirant à mes yeux, car les ¾ des personnages arabes proposés aujourd’hui en castings internationaux sont malheureusement centrés sur des rôles représentant un terroriste ou un immigré. Je suis très heureux et honoré de pouvoir incarner un rôle de cette envergure pour mon pays et dans le premier film hollywoodien 100% marocain.

 

Vous partagez l’affiche avec des acteurs de renom comme Andy Gracia, Gary Dourdan ou Sami Naceri. Quel souvenir en gardez-vous ?

 Ah, beaucoup d’anxiété (rire). Andy Garcia est un acteur hors-pair ! Avoir eu l’opportunité de le voir à l’œuvre et de jouer à ses côtés est une expérience qui restera pour toujours dans ma mémoire. Ce qui m’a d’avantage marqué c’est son côté humain et accessible. Il était d’un grand professionnalisme et d’une grande gentillesse avec tout le monde, une vraie leçon d’humilité ! Sami Naceri est un autre acteur incroyable que j’admire depuis l’adolescence. Il est très gentil et impliqué dans son travail, se fut un vrai plaisir de jouer à ses côtés !

En ce qui concerne Gary Dourdan, on s’est tout de suite entendus ! C’est un excellent acteur qui m’a beaucoup appris, j’ai passé la plupart du tournage à ses côtés. C’est un humain d’une grande bonté, un comédien incroyable et aussi un musicien très talentueux. J’ai beaucoup d’estime pour son parcours et je suis fier de le compter parmi mes amis.

Comment a été l’expérience avec Hicham Hajji ?

Hicham est comme un frère pour moi. Grâce à Redemption Day nous avons enfin eu l’opportunité de se découvrir professionnellement. Il n’avait encore rien vu de mon travail excepté de brefs extraits et m’a fait entièrement confiance, ce pour lequel je lui suis éternellement reconnaissant. Un acteur se fait diriger par un metteur en scène, ce qu’il a fait brillemment ! Il m’a beaucoup appris et m’a forcé à sortir de ma zone de confort, c’est un jeune réalisateur talentueux avec une grande vision artistique. Son parcours m’a toujours impressionné de par son jeune âge et ses ambitions hors du commun. Avec Redemption Day, il devient le 1er réalisateur marocain/arabe à écrire, produire et réaliser un film Hollywoodien.  Il semble satisfait de ma performance finale, ce qui est le plus important à mes yeux !

Comment vous vous êtes préparés à ce rôle ? et comment préparez-vous vos rôles en général ?

Je me suis beaucoup documenté sur les fonctions d’un agent haut gradé de la brigade anti-terroriste. J’ai suivi un entrainement physique avant et pendant le tournage. Nous avions aussi des entrainements au tir, de combat, de cascade… cela nous a aussi permis de rester dans nos personnages tout au long de l’aventure. Ayant étudié la méthode Lee Strasberg sur NYC, il est toujours très important pour moi de rechercher ce que le passé de mon personnage aurait pu être avant que le film ou la pièce ne commence. Je pense que cela permet d’apporter une authenticité forte à mon jeu d’acteur. Je prends toujours en considération le vécu de mon personnage afin de justifier chacun de ses comportements et chacune de ses motivations. C’est en développant ces stimulus nécessaires que je peux atteindre les émotions que mon personnage s’apprête à vivre.

Vous avez également un rôle principal dans le dernier film de Mehdi El Khaoudy « Otages ». Pourquoi avoir accepté d’incarner ce personnage ?

J’ai encore une fois beaucoup aimé l’approche moderne et différente que Mehdi voulait donner à son film. Le film est en Anglais/Arabe, je joue un jeune musulman d’Amérique qui part en Syrie pour se battre aux côtés de Daech. J’ai aimé le fait que le personnage soit si dur à cerner, car ce n’est pas facile de justifier de tels choix : c’était un vrai challenge pour moi ! L’autre aspect qui m’a tout de suite plu, est que mon rôle soit tiré d’une histoire vraie : Jihadi John était un anglais/arabe qui a combattu auprès de Daech et a choqué le monde en apparaissant dans de nombreuses vidéos traumatisantes faite par ce même groupe terroriste. Il ne faut donc jamais juger un livre à sa couverture !

Parlez-nous de votre expérience avec Mehdi Lamrini ?

Mehdi et moi sommes devenus bons amis depuis cette aventure où nous avons partagé la majorité de nos scènes. C’est un acteur avec un immense talent et une vraie passion pour son métier. Nous avons eu l’opportunité de nous retrouver sur le même tournage pour l’adaptation au grand écran de la série à succès Miss Fisher, tournée à Ouarzazate en fin 2018 et coproduite par Khadija Alami.

 Qu’attendez-vous généralement d’un réalisateur ?

 De communiquer et d’échanger sans tabou sur nos visions respectives afin de pouvoir les mettre en œuvre. Un dialogue facile permet de combiner plusieurs perspectives afin d’explorer différents choix artistiques.

Vous avez toujours su que vous alliez faire carrière dans le cinéma ?

 Oui et non, j’ai toujours fait du théâtre depuis mon plus jeune âge. Je me suis également longtemps intéressé à la musique. Durant mon adolescence, mon amour pour le 7ème art a vraiment commencé à s’affirmer. Je trouve fascinant les émotions que peuvent communiquer certains films ainsi que la puissance des différents messages que ces derniers peuvent véhiculer. Un film c’est pour toujours. C’est beau de pouvoir traverser notre siècle en images, c’est un peu comme une capsule à remonter le temps. J’ai donc tout de suite trouvé refuge dans le cinéma et j’ai décidé d’approfondir mes connaissances en l’étudiant davantage.

A 17 ans, on vous propose d’être la doublure lumière de Mark Strong ainsi que Leonardo DiCaprio sur le tournage de Body of Lies de Ridley Scot. Parlez-nous un peu de cette expérience.

 Je devais réaliser tous les déplacements des acteurs dans quasiment toutes leurs scènes, avant que ces derniers ne soient sur le set, sous les directives du grand Ridley Scott. Il est très minutieux et prépare toutes ses scènes au détail prêt. Être propulsé sur ce tournage parmi certains des plus grands noms d’Hollywood m’a permis de les observer dans leur élément de très prêt et d’apprendre énormément d’eux.

Je pense que cela restera à jamais une de mes plus belles expériences de vie. C’était mon premier contact avec le monde du cinéma qui me fascinait déjà tant. Ma participation à ce tournage m’a donné l’envie définitive d’en faire mon métier, ce fameux déclique. J’étais jeune, tout paraissait possible, on rêve grand à 17 ans !

Que signifie pour vous le fait d’être un acteur ?

 Pour moi, nous représentons l’humain, nous contribuons à la transmission d’un ou de plusieurs messages qui dans certains cas, peuvent aider à l’évolution de nos mœurs et même de nos cultures. Le pouvoir du visuel est très important, c’est le 7ème art ! J’aimerai pouvoir participer à mon humble niveau à de tels récits, car nous avons encore beaucoup d’histoires à raconter.

Quel genre de rôles vous attirent-t-ils ?

 Je suis de plus en plus attiré par les biopics, j’aimerai beaucoup explorer davantage les grands personnages des différentes civilisations et périodes que le monde a connues : d’Alexandre Le Grand, Jules César à Christophe Colombe ou Ibn Battuta ! Je suis passionné par l’histoire, j’aimerai donc explorer différentes époques à travers mon métier.

Des acteurs que vous admirez ? et pourquoi ?

 Dans les contemporains, DiCaprio m’a toujours fasciné. J’ai beaucoup de respect pour James Dean et Marlon Brando qui, au début des années 50, ont contribué à l’instauration d’un jeu d’acteur beaucoup plus profond en incarnant des rôles très masculins tout en intégrant une grande sensibilité à leur personnage. Cela a contribué à l’émancipation d’un nouveau jeu et de l’émotionnel chez l’homme à une époque où la société n’autorisait pas une telle vulnérabilité.

Vous êtes le petit fils de Hassan El Glaoui ? Qu’avez-vous appris de lui ?

Énormément de chose, il m’a élevé et a fait office de père pour moi. D’un point de vue artistique, grandir à ses côtés fut un réel privilège. Il avait une sensibilité tellement hors du commun concernant le monde qui nous entoure, avoir eu l’opportunité d’échanger sans fin avec lui fut un vrai cadeau de la vie. Il est la raison de ma grande empathie pour le monde, un facteur primordial chez tout artiste.

Vos projets ?

 J’ai hâte de voir ces deux films sortir et d’écouter les retours du public et des professionnels du cinéma ! J’ai plusieurs projets locaux et internationaux qui devraient arriver, mais en cette période très particulière que traverse le monde, il semble difficile de déterminer quand les tournages vont reprendre !

 

 

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