Et si le Maroc adhérait à l’Union européenne ?

Dans une analyse publiée ce mardi 30 juillet 2019 dans le quotidien espagnol El Mundo, Ahmed Charaï relance le débat sur l’adhésion du Maroc à l’Union européenne.

L’idée n’est pas saugrenue, prévient-il dans son argumentaire: «Cela permettrait au Maroc de faire un saut décisif vers la modernité et le décollage économique et cela permettrait à l’Europe d’avoir un ancrage, au-delà des traditions postcoloniales, en Afrique». Au vu des bienfaits économiques et sécuritaires qu’offrira cette perspective à Madrid, et par ricochet à l’UE, cette idée mérite réflexion, insiste Ahmed Charaï.

L’analyste souligne que le Maroc de Mohammed VI n’est pas celui de Feu Hassan II qui a été le premier à avoir introduit, officiellement, une demande d’adhésion à l’Union européenne.

Passant en revue les évolutions majeures réalisées au Maroc sur les plans politique, économique, social et sur celui des droits de l’Homme, l’analyste en conclut que c’est une transformation profonde qui a été enregistrée durant ces deux dernières décennies dans le Royaume. «L’économie rentière a été démantelée progressivement. La fiscalité est très favorable à l’investissement, y compris étranger qui bénéficie de facilités foncières, fiscales, ce qui a permis à l’Espagne de contester à la France le rang de premier partenaire du Maroc malgré les mégaprojets français», détaille-t-il. Et d’ajouter : «Le port de Tanger-Med, l’un des plus grands en Méditerranée, est de plus en plus un point d’ancrage entre l’Europe et l’Afrique».

Ahmed Charaï met bien en exergue la présence notoire du Maroc dans le continent noir. «Le Souverain a développé une vision de la coopération Sud-Sud qui a convaincu la majorité des leaders africains, y compris dans les pays anglophones ou lusophones. Les partenariats multiples ont atteint une densité telle que personne ne conteste plus le rôle du Maroc comme hub pour l’Afrique», écrit l’analyste.

Charaï souligne par ailleurs que l’Espagne, quelque soit la couleur politique de la majorité, loue la coopération avec le Maroc sur des sujets comme l’anti-terrorisme, l’émigration clandestine, ou le trafic de drogue. Il indique que ce rôle de digue, le Maroc l’assume au prix d’un coût financier important, à cause de sa situation stratégique. Une manière d’affirmer la légitimité de l’adhésion du Maroc à l’Union européenne.

Lire l’analyse en version originale et intégrale : ¿Y si Marruecos se adhiriera a la Unión Europea?

 

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