Peut-on sauver le textile?

Le textile va mal. La fabrication de masques n’est qu’une bouffée d’oxygène pour atténuer l’impact du covid-19. Le véritable plan de relance regroupe un ensemble de mesures.

 L’enquête menée par la CGEM auprès de 600 textiliens  révèle à la fois une baisse du chiffre d’affaires des opérateurs de l’ordre 55,11% et  des emplois de près de 71,33%.

Pour sauver le secteur  et le redémarrer dans ce contexte de crise, l’association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) a formulé une batterie de propositions transverses et d’autres  pour stimuler la l’offre et demande.

L’AMITH suggère ainsi, d’appliquer un taux de change bonifié lors du rapatriement et de la cession de devises issues d’opérations à l’export de textile/habillement et d’élaborer un statut fiscal et social particulier, type auto-entrepreneur pour inciter les TPME informelles à intégrer le secteur formel. Autres propositions phares : la mise en place d’un mécanisme de prime d’intégration pour favoriser le pourcentage de sourcing local dans les produits exportés et la création d’un fonds de restructuration pour les entreprises du secteur textile/habillement qui connaîtront des difficultés pour passer le cap de l’après Covid-19

Pour stimuler la demande et l’offre, l’AMITH a élaboré une série de mesures :

Mesures pour booster la demande

  • Accélérer le traitement des requêtes de défense commerciales déposées auprès des services du Ministère de l’Industrie
  • Relever le droit de douane commun à l’importation sur les produits finis textile (Habillement, Textile d’ameublement, Tapis et couvertures) à 40%
  • Possibilité de mettre à la consommation les intrants acquis entre le 1/12/2019 et le 31/05/2020 dont les débouchés à l’export sont inexistants en raison du Covid-19. La mise à la consommation de ces intrants se fera moyennant le paiement de la TVA et des droits de douane éventuels, sans majorations ni pénalités
  • Clause de préférence nationale pour les commandes publiques de textile/habillement. Un niveau de valeur ajoutée locale minimum sera requis pour permettre la soumission à ces marchés
  • Obliger les enseignes étrangères de textile/habillement ayant une superficie commerciale cumulée au Maroc dépassant 1000m2, de s’approvisionner au minimum à 30% de leurs achats importés sur le marché local. Ce sourcing local peut être destiné soit à la vente sur le marché marocain soit à l’exportation
  • Valoriser le « Made in Morocco » à travers l’action public-privé de communication média et de développement d’un label symbole de qualité, de respect du consommateur et de l’environnement, pour encourager l’achat patriote
  • Lutter de manière renforcée contre la contrebande et la sous-facturation à l’importation
  • Durcir les barrières non tarifaires à l’importation des produits finis textile au Maroc : normes, étiquetage …
  • Faire aboutir rapidement le processus de renégociation de l’ALE Maroc-Turquie entamé depuis le dernier trimestre 2019, dans l’optique de rééquilibrer les échanges commerciaux entre les 2 pays et protéger l’industrie nationale de toute forme de concurrence déloyale
  • Intervenir auprès de la CCG pour élargir la couverture du risque export de la SMAEX

Mesures pour stimuler l’offre

  • Exécuter les jugements des tribunaux statuant sur les litiges entre les opérateurs économiques et les Administrations publiques ordonnant la restitution des ATD
  • Mettre en place un mécanisme de prêt bancaire, en dehors de Damane Oxygène pour financer exclusivement le BFR des entreprises avec les modalités et caractéristiques suivantes :

                                Ø  Garantie CCG à 95%

                               Ø  Montant : jusqu’à 25% du CA 2019

                               Ø  Taux : idem Damane Oxygène

                               Ø   Différé d’amortissement d’1 an puis durée d’amortissement pouvant aller de 1 à 5 ans par la suite

  • Rééchelonner, sans pénalités ni intérêts de retard, la dette fiscale des entreprises ( IS et autres ) jusqu’à février 2021
  • Rembourser immédiatement les crédits de TVA dus aux entreprises (y compris la TVA sur investissement)
  • Reporter les échéances des obligations cautionnées et des crédits d’enlèvement à l’importation par l’ADII
  •  Supprimer la TVA sur investissement pour la relance de l’investissement dans le secteur
  • Prolonger la mesure Covid-19 de la CNSS, dans sa forme actuelle, jusqu’à fin 2020 pour permettre aux entreprises de faire face à la reprise, qui s’annonce très lente, de leur activité d’ici la fin de l’année
  • Alléger les charges sociales et l’IR en cas de maintien des emplois, tenant compte des contraintes imposées par les pouvoirs publics aux entreprises pour assurer la santé et la sécurité dans les unités industrielles
  • Octroyer une ristourne sur le coût de l’énergie pour les entreprises industrielles de l’amont textile
  • Assouplir les règles d’origine en vigueur dans le cadre de l’ALE Maroc-UE pour renforcer la compétitivité prix des exportations Marocaines
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