Adultère et violence conjugale. Un homme arrêté pour une vidéo où il agresse sa femme

Âgé de 28 ans, un tangérois se fait arrêter après avoir posté une vidéo où on le voit ligoter et agresser sa femme qui la soupçonne d’adultère.

 

Une nouvelle affaire sordide de violence à l’encontre des femmes éclate sur les réseaux sociaux. Accusant sa femme de l’avoir trompé, un homme originaire de Tanger a publié une vidéo d’une cruauté inouïe qui est devenue virale sur la toile.

La séquence de la vidéo montre un homme sans scrupule, s’en prendre violemment à sa femme, qu’il accuse d’adultère. Sous prétexte de tromperie, il « infligeait des agressions physiques à une femme dénudée et ligotée », explique la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) dans un communiqué.

Aussitôt postée sur les réseaux sociaux, la vidéo a été épinglée par le service central chargé des crimes liés aux nouvelles technologies.

Les enquêteurs du service préfectoral de la police judiciaire de la ville de Tanger, en collaboration avec les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) ont pu identifier le lieu où avait été enregistrée la vidéo ainsi que l’auteur des faits, qui été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête.

 

« La violence matrimoniale reste légitime »

 

Malheureusement, le traitement infligé à la jeune femme n’est pas un cas isolé, surtout dans un pays où « la violence matrimoniale reste tout à fait légitime », affirme le sociologue Ahmed El Motamassik qui rappelle « qu’au niveau de l’inconscient d’une bonne partie des Marocains, existe cette idée que la violence contre les femmes ou les enfants est normale ».

Résultat, les cas de violences à l’encontre des femmes ne cessent de se multiplier au Maroc. Selon la dernière enquête nationale du ministère de la famille publiée en mai 2019, 54,4 % des femmes ont été victimes de violences. Pourtant, seulement 28,2 % d’entre elles se sont adressées à une personne ou à une institution, et uniquement 6,6 % ont porté plainte contre leur agresseur.

 

 

Le traitement judiciaire de ces affaireslà n’incite pas les femmes à porter plainte

 

« Si la grande majorité des femmes violentées par leur conjoint ne porte pas plainte, c’est parce que la réponse finale n’est pas appropriée, nous explique Leila Slassi, avocate et co-fondatrice du collectif Massaktach qui estime que « Rien ne justifie qu’on fasse violence à une femme, qu’elle soit coupable d’adultère ou pas. Lorsqu’une la femme porte plainte, souvent, ça se retourne contre elle, et la réponse judiciaire se solde généralement soit par de l’acquittement soit par du sursis. Et donc, le traitement judiciaire de ces affaires-là n’incite pas les femmes à porter plainte. De plus, porter plainte, c’est un cauchemar, c’est plusieurs années de procédure judiciaire, et quand on voit le résultat aujourd’hui dans notre pays, ça ne vaut pas le coup. Tant qu’on a ce genre de justice, porter plainte pour ces femmes c’est une deuxième souffrance ».

En tout cas, sur les réseaux sociaux, les langues commencent à se délier chez les femmes victimes de violences, même si ces dernières sont la plupart du temps, couvertes de honte et portées pour responsables.

En 2018, le collectif Massaktach avait été créé pour dénoncer la culture du viol et les violences subies par les femmes au Maroc. L’opinion publique avait à l’époque été choquée d’apprendre « l’affaire Khadija », une adolescente âgée de 17 ans, qui avait porté plainte pour avoir été séquestrée, violée et tatouée de force pendant deux mois par une dizaine d’individus.

Connue sous le nom de « Baddunes », l’influenceuse marocaine, Ghita avait créé une page instagram pour libérer la parole des femmes victimes de violences sexuelles. Sa page compte environ 50 000 abonnés et comporte des centaines de témoignages.

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