Le JDD :  CAN 2025 - Le pari sécuritaire réussi du Maroc

En accueillant la Coupe d’Afrique des nations 2025, le Maroc a relevé bien plus qu’un défi sportif. Pendant un mois, le Royaume a déployé un dispositif sécuritaire d’une ampleur inédite, salué par les observateurs internationaux et déjà étudié par les futures nations hôtes des grandes compétitions mondiales. C’est ce que relève le média français  Le journal du dimanche (JDD) dans un article publié ce lundi 19 janvier sur son site web. En voici le résumé.

Pendant quatre semaines, le Maroc a vécu au rythme de la CAN 2025. Cinquante et un matchs, six villes hôtes, des centaines de milliers de supporters en déplacement à travers le pays. À l’issue du tournoi, le constat est unanime : aucun incident majeur, aucune rupture dans les flux, aucune image de désordre. Un succès sécuritaire assumé par les autorités marocaines, fruit d’une stratégie pensée sur le long terme sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. Dès l’annonce de l’attribution de la CAN, l’ensemble des acteurs concernés ont été mobilisés : sécurité, collectivités locales, transport, tourisme et services de secours. L’anticipation a constitué le socle du dispositif. Les jours de match, des milliers de policiers et de membres des forces auxiliaires ont encadré les abords des stades et les axes de circulation. Pour certaines rencontres de l’équipe nationale, près de 4 000 policiers et 2 000 agents supplémentaires étaient mobilisés, dans un dispositif conçu pour rester le plus discret possible pour le public.L’enjeu central résidait dans la gestion des foules. Trains, TGV, autoroutes, tramways et bus ont été interconnectés afin d’absorber des flux massifs sans déséquilibrer les villes hôtes. À Rabat, Marrakech ou Fès, les supporters de différentes nationalités se sont côtoyés dans une atmosphère apaisée, illustrant la capacité du pays à concilier sécurité et convivialité.Cette réussite repose aussi sur un arsenal technologique de pointe. Vidéoprotection urbaine, caméras haute définition dans les stades, drones de surveillance et centres de commandement interconnectés ont permis une supervision permanente. À Rabat, plusieurs milliers de caméras sont reliées à des centres capables d’anticiper les incidents et d’intervenir rapidement. Des systèmes anti-drones, conformes aux standards internationaux, ont également été déployés autour des enceintes sportives.Sur le plan judiciaire, la doctrine marocaine a privilégié la rapidité et l’efficacité. Les infractions constatées sont restées marginales, avec seulement quelques interpellations par match, principalement liées à l’usage de fumigènes ou à des défauts de billets. Des bureaux judiciaires installés directement dans les stades ont permis de traiter ces cas sans engorger les tribunaux.La CAN 2025 a aussi servi de plateforme de coopération internationale. À Salé, un centre de coopération policière africaine a réuni des officiers de liaison de 49 pays, avec l’appui d’Interpol. Des délégations européennes, nord-américaines et notamment américaines sont venues observer un modèle désormais étudié en vue de la Coupe du monde.Car l’objectif est déjà fixé : 2030. La Coupe du monde coorganisée avec l’Espagne et le Portugal se prépare dès aujourd’hui. En réussissant la CAN 2025, le Maroc n’a pas seulement organisé un tournoi continental : il a affirmé sa crédibilité, sa capacité d’anticipation et son savoir-faire sécuritaire, transformant l’événement en répétition générale grandeur nature avant le grand rendez-vous planétaire.**related_articles[20177-Des médias français unanimes : la CAN 2025 révèle la puissance stratégique du Maroc]**