Aérien : la guerre au Moyen-Orient fragilise l’Afrique

Le trafic aérien de passagers en Afrique a enregistré une progression de 2,2 % en avril 2026 en glissement annuel, selon les données publiées par l’Association du transport aérien international (IATA). Ce rythme marqué un net ralentissement par rapport aux premiers mois de l’année, où la croissance atteignait 11,7 % en janvier, 4,8 % en février et 19,2 % en mars.

Ce fléchissement s’explique notamment par les tensions géopolitiques liées au conflit en Iran, qui continuent de perturber l’industrie aérienne mondiale. À l’échelle régionale, les performances sont contrastées : l’Amérique latine progresse de 8,9 %, l’Asie-Pacifique de 3 % et l’Europe de 0,9 %, tandis que le Moyen-Orient enregistre une chute spectaculaire de 48,1 %. Le trafic en Amérique du Nord demeure, lui, globalement stable.Ces évolutions reflètent la bonne dynamique de certains marchés comme le Brésil, la Chine ou le Japon, qui compensent partiellement les reculs observés en Australie, en Inde et aux États-Unis.Au niveau mondial, le trafic aérien a reculé de 3,4 % par rapport à avril 2025, tiré à la baisse par les vols internationaux, en repli de 5,3 %. La capacité globale, mesurée en sièges-kilomètres offerts, a diminué de 2,9 %, tandis que le coefficient de remplissage s’établit à 83,1 %, en baisse de 0,4 point sur un an.Selon l’IATA, les perturbations au Moyen-Orient pourraient continuer de peser sur l’aviation mondiale dans les mois à venir, remettant en cause les prévisions de croissance pour 2026, estimées à 4,4 % pour un total de 5,2 milliards de passagers.Le directeur général de l’IATA, Willie Walsh, a souligné l’ampleur du choc subi par le secteur, évoquant une chute de la demande particulièrement marquée au Moyen-Orient, ainsi qu’une flambée du prix du kérosène qui pèse sur les coûts des compagnies.Au-delà des tensions géopolitiques, l’industrie aérienne fait face à des défis structurels persistants : hausse des coûts d’exploitation, perturbations des chaînes d’approvisionnement et incertitudes économiques. Des contraintes qui fragilisent la reprise mondiale et pèsent particulièrement sur les compagnies africaines, souvent moins capitalisées.**related_articles[21791-Aérien. Les aéroports marocains dépassent les 12,3 millions de passagers à fin avril]**