Marché des capitaux. 2025, l’année de tous les records pour la place financière marocaine
En 2025, le marché des capitaux marocain a battu plusieurs records, porté par le dynamisme de la Bourse, des levées de fonds historiques et une forte mobilisation des investisseurs.

Portée par une Bourse en pleine euphorie, des levées de fonds historiques et une mobilisation accrue des investisseurs, l’année 2025 marque un tournant pour le marché des capitaux marocain. Les indicateurs publiés par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) témoignent d’une place financière plus profonde, plus liquide et plus attractive que jamais. 

Le marché des capitaux marocain a changé de dimension en 2025. À la faveur d’une conjoncture favorable, d’une confiance renouvelée des investisseurs et d’un besoin croissant de financement des entreprises et des grands projets nationaux, la place financière de Casablanca a signé l’un de ses meilleurs exercices de la dernière décennie.Premier signal de cette montée en puissance : la Bourse de Casablanca a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 1.000 milliards de dirhams de capitalisation, atteignant 1.040,7 milliards de dirhams à fin 2025, contre 752,4 milliards un an auparavant. Aussi, l’indice MASI a bondi de 27,57 %.Cette progression s’est accompagnée d’un net renforcement du poids de la Bourse dans l’économie nationale. Le ratio capitalisation boursière sur PIB s’est établi à 61 %, contre 47 % en 2024, illustrant une financiarisation croissante de l’économie marocaine.L’année a également été marquée par un retour important des introductions en Bourse. Trois nouvelles sociétés ont rejoint la cote : Vicenne, Cash Plus et la Société Générale des Travaux du Maroc (SGTM). À elles seules, ces opérations ont permis de lever plus de 6 milliards de dirhams, soit un niveau jamais atteint ces dernières années.Les augmentations de capital ont elles aussi contribué à cette dynamique. TGCC, CIH Bank et Sothema ont mobilisé près de 4,3 milliards de dirhams supplémentaires pour financer leurs stratégies de croissance et de développement.Sur le marché obligataire, les entreprises et établissements publics ont continué à privilégier le financement par la dette. Les émissions obligataires ont concerné aussi bien les banques que les grandes entreprises et les opérateurs publics. Parmi les opérations les plus importantes figurent celles de l’ONEE, de l’ONDA, d’Autoroutes du Maroc, de Bank of Africa, d’Attijariwafa bank ou encore d’OCP Nutricrops, qui a levé à lui seul 5 milliards de dirhams en décembre 2025.Les titres de créances négociables ont également connu une activité soutenue. OCP s’est imposé comme le premier émetteur de billets de trésorerie avec 13,35 milliards de dirhams levés, tandis que plusieurs banques ont eu recours aux certificats de dépôt pour renforcer leurs ressources de financement.Autre indicateur révélateur de la vitalité du marché : les volumes d’échanges. Le volume global des transactions sur le marché actions a progressé de 63 % pour atteindre plus de 161 milliards de dirhams. Le marché central a quasiment doublé son activité, tandis que le volume moyen quotidien a atteint 652 millions de dirhams, contre 403 millions une année auparavant.Cette dynamique a été alimentée par un afflux massif de nouveaux investisseurs. Le nombre de comptes-titres est passé de 230.604 à plus de 401.000 en un an, traduisant un élargissement sans précédent de la base des investisseurs. Les personnes physiques marocaines représentent désormais 91 % des investisseurs actifs sur le marché central.Parallèlement, la gestion d’actifs a poursuivi sa croissance. L’encours net des OPCVM a atteint 785,1 milliards de dirhams, en hausse de plus de 20 % sur un an. En incluant les OPCI, les OPCC et les fonds de titrisation, les actifs gérés dépassent désormais 956 milliards de dirhams.