1.000 talents réunis à Merzouga pour façonner le Maroc de l’IA
Rally IA Future Lab : le Maroc mise sur sa jeunesse pour accélérer sa révolution numérique.

Au lendemain de son lancement, le Rally IA Future Lab est entré dans le vif du sujet à Merzouga. Réunis autour d’experts et de mentors, 1.000 jeunes talents marocains travaillent sur les solutions de demain, dans le cadre d’une initiative qui ambitionne de faire de l’intelligence artificielle un moteur de souveraineté numérique, d’innovation et de compétitivité pour le Royaume.

Dans les dix salles mobilisées pour cette première édition, chercheurs, étudiants, ingénieurs, entrepreneurs et développeurs ont participé à un programme intensif mêlant ateliers collaboratifs, sessions de formation, mentorat et travaux de conception. Encadrés par des experts nationaux et internationaux, les participants sont appelés à développer des projets innovants capables de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels le Royaume est confronté.Organisé du 16 au 20 juin, le Rally IA Future Lab constitue l’une des initiatives phares de la stratégie nationale visant à faire émerger une nouvelle génération de compétences dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle. Cette première cohorte de 1.000 participants a vocation à être élargie progressivement pour atteindre 5.000 jeunes à travers plusieurs éditions et parcours successifs.Au-delà de la formation et de l’expérimentation, l’ambition est de bâtir une véritable plateforme nationale dédiée à l’innovation, à la prospective et à la transformation des idées en solutions concrètes. Une démarche qui s’inscrit dans la vision portée par la stratégie Maroc Digital 2030 et la dynamique « AI Made in Morocco », avec pour objectif de renforcer la souveraineté technologique du Royaume et sa compétitivité dans l’économie numérique mondiale.Parmi les temps forts de cette deuxième journée, les participants ont assisté à une keynote de Btissam El Khamlichi, directrice de l’AI Movement, consacrée aux techniques avancées de l’intelligence artificielle.L’experte a passé en revue les principales évolutions qui transforment actuellement le secteur à l’échelle mondiale, mettant en lumière l’accélération spectaculaire du développement des modèles intelligents et leur impact croissant sur les économies, les entreprises et les administrations.Selon elle, l’intelligence artificielle n’est plus une simple technologie émergente mais un véritable moteur d’innovation et de création de valeur. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’investir davantage dans les compétences, la recherche scientifique et les infrastructures numériques afin de permettre aux pays de tirer pleinement parti des opportunités offertes par cette révolution technologique.Repenser l’IA depuis le MarocAutre moment fort de la journée, le panel intitulé « 70 ans après : redéfinir l’IA depuis le Maroc », animé par Driss Lemjaouri, directeur de l’entrepreneuriat digital au ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration.Réunissant plusieurs experts et chercheurs, cette rencontre a permis d’aborder les grands enjeux qui accompagneront le développement de l’intelligence artificielle dans les années à venir.Faiza Berkchi, experte en intelligence artificielle et en régulation à la CNDP, a mis l’accent sur les défis liés à la gouvernance, à l’éthique et à la protection des droits fondamentaux. Pour elle, le succès de l’intelligence artificielle dépendra largement de la confiance qu’elle saura inspirer aux citoyens.De son côté, Youssef Mrabet, CTO de Nokia North Africa, a souligné l’importance stratégique de la cybersécurité dans un environnement de plus en plus dominé par les systèmes intelligents. La protection des données et des infrastructures numériques apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle à la réussite de la transformation digitale.Pour Doha Habib Allah, chercheuse à l’Université Euromed de Fès, l’un des principaux défis réside dans la capacité à faire passer les modèles développés dans les laboratoires vers des applications opérationnelles à grande échelle. Elle a notamment insisté sur les enjeux liés à la qualité des données, à la robustesse des algorithmes et à la fiabilité des résultats dans des contextes réels.Le réseau Jazari au service de la souveraineté technologiqueIntervenant à son tour, Mohammed El Hallabi, chargé de mission au ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a détaillé les contours de la vision marocaine en matière d’intelligence artificielle. Cette stratégie repose sur cinq piliers majeurs : la souveraineté technologique, la confiance des citoyens, le développement des compétences, l’innovation responsable et l’équité territoriale.Il a notamment présenté le réseau national des centres d’excellence « Jazari Institute », considéré comme l’un des projets structurants de la stratégie Maroc Digital 2030. Pensé comme une architecture nationale distribuée, ce réseau vise à rapprocher universités, administrations, startups et acteurs économiques afin de favoriser la recherche appliquée, le développement technologique et l’innovation collaborative.Le lancement de « Jazari Root », appelé à coordonner l’ensemble du dispositif, marque selon lui une étape décisive dans la construction d’une capacité nationale durable en intelligence artificielle. Ces centres ont vocation à devenir de véritables plateformes régionales de formation, de recherche et d’innovation, tout en renforçant la coopération du Maroc avec ses partenaires africains et arabes.