Bassem Bennani : « L’IA doit servir l’humain avant tout »
Bassem Bennani, Directeur exécutif Marketing pour l’Afrique du Nord chez Nokia.

À l’occasion du Rally IA Future Lab organisé à Merzouga, Bassem Bennani, Directeur exécutif Marketing pour l’Afrique du Nord chez Nokia, a appelé à placer l’humain, la transparence et la durabilité au cœur du développement des technologies intelligentes.

Dans l’univers de l’intelligence artificielle, les débats portent souvent sur la puissance des modèles, les avancées de l’IA générative ou encore les opportunités économiques qu’offre cette révolution technologique. Pour Bassem Bennani, Directeur exécutif Marketing pour l’Afrique du Nord chez Nokia, une dimension essentielle mérite pourtant davantage d’attention : la responsabilité. Intervenant lors du Rally IA Future Lab, organisé à Merzouga par le ministère de la transition numérique et la réforme de l’administration, le responsable de Nokia a défendu une vision de l’intelligence artificielle qui dépasse les seules considérations techniques.Selon lui, le succès futur de l’IA ne se mesurera pas uniquement à sa capacité à générer des gains de productivité ou à accélérer l’innovation, mais également à son aptitude à respecter les valeurs humaines, à protéger les citoyens et à contribuer à un développement durable. « Nous sommes tous conscients des opportunités offertes par l’intelligence artificielle. Ce que nous oublions parfois, c’est la responsabilité qui accompagne son développement », a-t-il noté.Au cœur de cette réflexion figure la question des données, matière première indispensable à l’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle. Bassem Bennani a rappelé que l’exploitation massive des données personnelles soulève aujourd’hui des défis majeurs en matière de confidentialité, de consentement et de confiance. Certaines organisations peuvent être tentées d’utiliser des données au-delà des finalités initialement prévues ou sans information suffisante des personnes concernées.Pour le responsable de Nokia, le développement de l’IA doit impérativement s’accompagner d’une gouvernance rigoureuse des données afin de garantir le respect de la vie privée et de préserver la confiance des utilisateurs. Cette exigence devient encore plus importante lorsque les systèmes intelligents interviennent dans des domaines sensibles comme la santé, l’éducation, les services financiers ou les administrations publiques.L’un des principaux défis identifiés par Bassem Bennani concerne également la transparence des systèmes intelligents. À mesure que les algorithmes gagnent en complexité, il devient parfois difficile de comprendre les mécanismes qui conduisent une intelligence artificielle à prendre une décision ou à produire un résultat donné. Cette opacité, souvent qualifiée de « boîte noire », constitue selon lui un frein majeur à l’adoption de ces technologies.Les citoyens doivent pouvoir comprendre les décisions qui les concernent, tandis que les entreprises doivent être capables d’expliquer et, si nécessaire, de corriger les résultats générés par leurs systèmes. « Une intelligence artificielle responsable est une intelligence artificielle qui reste compréhensible et maîtrisable », a-t-il insisté.L’impact environnemental, le défi oublié de l’IASi l’intelligence artificielle est souvent associée à l’innovation et à la croissance, son coût environnemental demeure encore largement méconnu. Lors de son intervention, Bassem Bennani a rappelé que les modèles les plus avancés nécessitent d’importantes capacités de calcul, mobilisant des centres de données particulièrement énergivores.Au-delà de la consommation électrique, ces infrastructures nécessitent également des quantités significatives d’eau pour assurer le refroidissement des équipements. Dans un contexte mondial marqué par les tensions sur les ressources naturelles, le responsable de Nokia appelle à développer des modèles plus sobres et plus efficients. L’avenir de l’intelligence artificielle, estime-t-il, dépendra aussi de sa capacité à réduire son empreinte écologique.Autre sujet majeur abordé à Merzouga : l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail.Selon Bassem Bennani, certaines professions connaîtront inévitablement de profondes transformations sous l’effet de l’automatisation et de la digitalisation.Face à cette réalité, il estime que la réponse ne réside pas dans le ralentissement de l’innovation, mais dans l’anticipation des mutations à venir. Formation continue, reconversion professionnelle et développement des compétences numériques doivent permettre aux travailleurs de s’adapter aux nouveaux besoins de l’économie. L’enjeu consiste à faire de l’intelligence artificielle un facteur de création d’opportunités plutôt qu’une source d’exclusion.À travers son intervention, le dirigeant de Nokia a défendu une conviction forte : l’intelligence artificielle ne doit jamais perdre de vue sa finalité première, celle d’améliorer la vie des citoyens. Respect de la vie privée, transparence, équité, durabilité et responsabilité doivent constituer les fondements de toute stratégie d’innovation.Devant les plus de mille jeunes réunis à Merzouga dans le cadre du Rally IA Future Lab, Bassem Bennani a ainsi lancé un appel à construire une intelligence artificielle qui place l’humain au centre de chaque décision.**related_articles[22159-Rally IA Future Lab. De nouvelles idées pour tracer les contours d’une IA marocaine responsable]**