Le FNAP célèbre 55 ans de patrimoine vivant et signe son grand retour au Palais El Badiâ
Le Festival National des Arts Populaires célèbre 55 ans de patrimoine vivant et signe son grand retour au Palais El Badiâ.

Du 2 au 6 juillet, Marrakech renouera avec l'une de ses plus anciennes traditions culturelles en accueillant la 55ᵉ édition du Festival National des Arts Populaires. Placée sous le thème « Les arts populaires, trésors d'hier et d'aujourd'hui », cette édition marque le retour du festival dans son écrin historique, le Palais El Badiâ, tout en ouvrant un nouveau chapitre de son histoire grâce à deux rendez-vous inédits qui célèbrent la richesse du patrimoine immatériel marocain et sa capacité à se réinventer.

Plus ancien festival du Royaume, le Festival National des Arts Populaires (FNAP) retrouvera Marrakech du 2 au 6 juillet pour une 55ᵉ édition placée sous le signe de la transmission et du renouveau. Organisé par l'Association Le Grand Atlas et le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en partenariat avec les principales institutions de la région Marrakech-Safi, l'événement poursuit une mission qui l'anime depuis sa création en 1960 : préserver, valoriser et transmettre les expressions les plus authentiques du patrimoine oral et immatériel marocain.À travers le thème « Les arts populaires, trésors d'hier et d'aujourd'hui », les organisateurs affirment leur volonté de montrer que les traditions populaires ne sont pas des vestiges du passé, mais des formes artistiques toujours vivantes. Les chants, les danses, les rythmes et les récits transmis de génération en génération continuent de nourrir la création contemporaine et de porter une mémoire collective en constante évolution. Dans cette perspective, un Ahaidous interprété aujourd'hui demeure fidèle à son héritage tout en trouvant un nouveau souffle auprès des artistes qui le font vivre.Le choix de Marrakech s'impose naturellement. Ville emblématique de la culture marocaine, elle abrite la place Jemaâ El-Fna, reconnue par l'UNESCO comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Depuis plus d'un demi-siècle, le Festival y fait dialoguer les traditions des différentes régions du Royaume dans un esprit de partage et de transmission.L'un des temps forts de cette édition sera sans conteste le retour des grandes soirées au Palais El Badiâ. Après plusieurs années d'itinérance, le monument historique du XVIᵉ siècle, construit sous le règne du sultan Ahmed El Mansour, retrouve son rôle de scène principale du Festival. Ce retour revêt une forte portée symbolique tant ce lieu est intimement lié à l'histoire du FNAP. Entre les murailles ocre, les jardins et le ciel ouvert de ce joyau architectural, les spectacles retrouveront un écrin à la hauteur de leur dimension patrimoniale.Cette 55ᵉ édition sera également marquée par deux nouveautés majeures. La première prendra la forme d'un hommage inédit à l'Aïta au féminin à travers la chanteuse Zina Daoudia. Héritage profondément enraciné dans les plaines marocaines, l'Aïta s'est construite au fil des siècles grâce aux voix de femmes qui y ont exprimé leurs joies, leurs peines, leurs combats et leur liberté. En mettant à l'honneur l'une des figures les plus populaires de ce répertoire, le Festival entend rappeler la place essentielle des femmes dans la transmission de cet art ancestral.La seconde nouveauté conduira le public vers un autre haut lieu du patrimoine marrakchi. Pour la première fois, la Médersa Ben Youssef accueillera des représentations du Festival. Dans ce décor chargé d'histoire, la chanteuse Nabila Maan offrira une création où dialogueront patrimoine architectural et patrimoine musical. D'autres artistes investiront également ce lieu emblématique afin de proposer une expérience artistique inédite, où la beauté du chant répondra à la richesse des zelliges, des bois sculptés et de l'architecture traditionnelle marocaine.Au-delà de sa programmation artistique, cette édition revêt une portée particulière puisqu'elle célèbre cinquante-cinq années d'existence. Une longévité exceptionnelle qui témoigne de la capacité du Festival à traverser les époques tout en restant fidèle à sa vocation première : préserver une mémoire vivante et offrir aux nouvelles générations un accès direct aux expressions culturelles qui façonnent l'identité du Maroc.« Cinquante-cinq éditions, c'est une fidélité qui dépasse de loin nos personnes. Cette ancienneté n'est pas un trophée, mais une responsabilité. Si la magie opère encore, c'est parce que nous n'avons jamais traité ces arts comme un souvenir à conserver, mais comme un mouvement à entretenir. Une nation qui danse est une nation qui se souvient d'être vivante », souligne Mohamed Knidiri, président de l'Association Le Grand Atlas.Entre retour aux sources, ouverture à de nouveaux espaces patrimoniaux et célébration des grandes traditions populaires, cette 55ᵉ édition s'annonce comme un rendez-vous majeur de l'été culturel marocain, confirmant une nouvelle fois le Festival National des Arts Populaires comme l'un des plus précieux gardiens de la mémoire vivante du Royaume.