Rabat domine les smart cities africaines
En l'espace de sept éditions, la présence africaine dans le Smart City Index de l'IMD Business School s'est renforcée. De six villes classées en 2019, le continent en compte désormais neuf en 2026, notamment Rabat, Le Caire, Abuja, Lagos, Nairobi, Accra et Tunis.
En tête de ce classement africain, Rabat confirme son statut de référence continentale. La capitale marocaine enchaîne les progressions et s'impose comme la ville africaine la mieux classée grâce à une stratégie engagée sur le long terme, qui combine transformation numérique, modernisation des services publics et renforcement de la gouvernance locale.Cette performance contraste avec celle de plusieurs grandes métropoles africaines. Malgré d'importants investissements technologiques, Le Caire recule régulièrement dans le classement. Lagos, pourtant locomotive économique du continent, demeure en retrait, tandis que Nairobi peine à convertir son dynamisme numérique en performance globale. Le constat est clair : la technologie seule ne suffit pas.Depuis sept ans, le Smart City Index délivre le même enseignement. Les villes qui progressent le plus sont celles qui investissent autant dans leurs institutions que dans leurs infrastructures numériques. La qualité de la gouvernance, des services publics et du cadre de vie demeure le principal facteur de réussite d'une ville intelligente.Rabat illustre précisément cette approche. Depuis 2020, la capitale a accéléré la numérisation des services municipaux, développé des outils de participation citoyenne et renforcé la coordination entre les politiques nationales et les collectivités territoriales. Cette transformation, pilotée par l'Agence du Développement Digital, lui permet aujourd'hui de dominer le classement africain.Abuja suit une trajectoire comparable en enregistrant la seule progression africaine dans l'édition 2026. Son évolution confirme qu'une gouvernance solide constitue le socle indispensable du développement numérique urbain.Pour Jérôme Chenal, architecte-urbaniste et directeur du Centre Excellence in Africa de l'EPFL, l'avenir des villes intelligentes africaines passe avant tout par des solutions adaptées aux réalités locales. Dans un entretien accordé à Agence Ecofin, il rappelle que les formes d'intelligence urbaine existent déjà sur le continent et plaide pour des politiques publiques capables de structurer ces initiatives plutôt que d'importer des modèles conçus ailleurs. Il souligne également que de nombreux projets de smart city reposent sur des besoins énergétiques considérables, souvent difficiles à satisfaire dans des villes confrontées à des coupures d'électricité.Cette analyse rejoint les conclusions de la Banque mondiale. Dans son rapport Les avancées et tendances du numérique 2025, l'institution estime que les investissements technologiques ne produisent des résultats durables que lorsqu'ils s'accompagnent de réformes institutionnelles, d'une meilleure gouvernance des données et d'un renforcement du capital humain.Des initiatives émergent partout sur le continent. Kigali est régulièrement citée pour la qualité de sa gouvernance numérique, tandis que la commune sénégalaise de Mékhé a engagé la numérisation de plusieurs services municipaux. Mais ces expériences restent encore limitées et les résultats demeurent difficiles à mesurer à grande échelle.Le Smart City Index met ainsi en évidence une réalité de plus en plus nette : l'avenir des villes intelligentes africaines ne se jouera pas uniquement sur la technologie, mais sur la capacité des institutions à la mettre au service des citoyens. Sur ce terrain, Rabat fait aujourd'hui figure de référence continentale.**related_articles[22347-Rabat. Abdellatif Hammouchi reçoit une délégation de haut niveau représentant la «Guardia Civil» espagnole]**