Zimbabwe : une réforme constitutionnelle prolonge le mandat présidentiel
Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a promulgué le troisième amendement de la Constitution, une réforme controversée qui prolonge son second mandat de deux années supplémentaires, jusqu’en 2028. Le texte étend également de cinq à sept ans la durée du mandat des parlementaires.
Cette réforme, vivement contestée par les organisations de la société civile et plusieurs figures de la Zanu-PF, le parti au pouvoir depuis 1980, est dénoncée comme une tentative de consolidation du pouvoir présidentiel. Ses détracteurs estiment qu’elle contrevient à l’esprit de la Constitution et remet en cause les principes démocratiques du pays.Parmi les principales dispositions de l’amendement figure la suppression de l’élection du président au suffrage universel direct. Désormais, le chef de l’État sera élu par les membres du Parlement.Le texte renforce également les prérogatives du président, qui pourra nommer dix sénateurs supplémentaires, faisant passer le nombre total de membres de la chambre haute de 80 à 90.Autre changement majeur : la gestion de l’enregistrement des électeurs est retirée à la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) pour être confiée au Bureau du Registraire général. Une nouvelle Commission de délimitation sera, en outre, chargée de redessiner les circonscriptions électorales.La réforme supprime également les auditions publiques dans le processus de nomination des magistrats, une mesure qui suscite des inquiétudes quant à l’indépendance de la justice.Selon plusieurs critiques, ces modifications auraient dû être soumises à un référendum, conformément aux dispositions de la Constitution zimbabwéenne.**related_articles[22379-Déforestation : le Zimbabwe parmi les pays les plus touchés au monde]**