L'Éthiopie veut devenir un nouveau hub pharmaceutique en Afrique

L'Éthiopie franchit une nouvelle étape dans le développement de son industrie pharmaceutique.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé, mardi 7 juillet, que la part de la production locale de médicaments est passée de 4 % à 44 %, témoignant des progrès réalisés dans le renforcement des capacités nationales.Sans préciser la période couverte par cette évolution, le chef du gouvernement a souligné que les médicaments fabriqués dans le pays répondent désormais aux normes internationales de qualité, ouvrant ainsi la voie à une reconnaissance sur les marchés mondiaux. Cette montée en gamme pourrait favoriser les exportations de produits pharmaceutiques « Made in Ethiopia » et renforcer la compétitivité du pays dans un secteur en pleine expansion.Si le Premier ministre n'a pas détaillé les investissements ayant permis cette progression, celle-ci s'inscrit dans une stratégie engagée depuis plusieurs années pour bâtir une industrie pharmaceutique nationale. Addis-Abeba multiplie les mesures incitatives, notamment des avantages fiscaux et non fiscaux, afin d'attirer les investisseurs locaux et étrangers.Au cœur de cette stratégie figure le parc industriel de Kilinto, situé dans la capitale. S'étendant sur 279 hectares, cette plateforme dédiée à l'industrie pharmaceutique met à la disposition des fabricants des infrastructures répondant aux standards internationaux et adaptées aux bonnes pratiques de fabrication.Les autorités soutiennent également les producteurs locaux à travers l'Agence éthiopienne d'approvisionnement pharmaceutique (EPSA). Celle-ci leur accorde un avantage de prix de 25 % lors des appels d'offres face aux fournisseurs étrangers et prévoit des avances pouvant atteindre 30 % dans le cadre de contrats d'approvisionnement de longue durée.Malgré ces avancées, l'Éthiopie reste fortement dépendante des importations de médicaments et d'équipements médicaux pour répondre aux besoins de sa population.Selon l'Ethiopian Investment Commission, la demande en produits pharmaceutiques a progressé en moyenne de 15 % par an au cours des cinq dernières années et devrait atteindre 4 milliards de dollars d'ici à 2030.Cette dépendance continue de peser sur les finances publiques. D'après Abiy Ahmed, le pays a consacré 70 milliards de birrs (environ 435,5 millions de dollars) à l'achat de médicaments et plus de 60 milliards de birrs à l'acquisition d'équipements médicaux.**related_articles[22354-Le tourisme, nouvel eldorado économique de l’Éthiopie]**