Commerce : Les champions africains

Le commerce entre les pays africains a poursuivi sa progression en 2025, porté par l'accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Selon le rapport African Trade Report 2026 publié par Afreximbank, les échanges intra-africains ont atteint 213,8 milliards de dollars, en hausse de 5,47 % par rapport à 2024. Une performance encourageante qui masque toutefois d'importants écarts entre les économies du continent.L'Afrique du Sud conserve sa position de premier acteur du commerce intra-africain. Le pays représente à lui seul 19,2 % des échanges de marchandises réalisés sur le continent. Les exportations sud-africaines se composent principalement de carburants, de véhicules, de machines, d'équipements électriques, de produits sidérurgiques, de plastiques et de céréales. À l'inverse, le pays importe surtout du pétrole brut, du charbon, des métaux précieux, de l'électricité ainsi que des produits alimentaires transformés et du textile provenant notamment de l'Eswatini, de la Zambie et du Mozambique.Deuxième au classement avec 6,74 % des échanges continentaux, la République démocratique du Congo confirme son ascension. Cette progression s'explique par l'importance de son marché intérieur, sa population de plus de 100 millions d'habitants ainsi que sa position géographique stratégique au cœur du continent. L'Afrique du Sud demeure son principal partenaire commercial africain.La Côte d'Ivoire complète le podium avec 4,83 % du commerce intra-africain. Véritable moteur des échanges en Afrique de l'Ouest, le pays bénéficie de son intégration au sein de l'UEMOA et de la CEDEAO. Tout en restant un important exportateur de cacao, de noix de cajou, de caoutchouc et d'huile de palme, Abidjan accélère la transformation locale de ces matières premières, renforçant progressivement son statut de hub agro-industriel régional.Les principaux débouchés commerciaux de la Côte d'Ivoire restent le Mali, le Burkina Faso, le Ghana et le Nigeria. Le Maroc et l'Afrique du Sud jouent également un rôle stratégique en facilitant l'accès aux marchés d'Afrique du Nord et d'Afrique australe. Côté importations, le pays s'approvisionne notamment en produits pétroliers raffinés, machines, ciment, céréales et produits alimentaires transformés auprès de partenaires comme l'Égypte, le Nigeria, le Ghana, le Maroc et l'Afrique du Sud.Au pied du podium figurent l'Ouganda (4,48 %), le Maroc (4,46 %), l'Égypte (4,35 %), la Zambie (4,33 %), le Nigeria (4,22 %), le Zimbabwe (3,64 %) et la Namibie (3,46 %). Ensemble, ces dix pays concentrent près de 60 % du commerce intra-africain, mettant en évidence une forte concentration des échanges au sein d'un nombre limité d'économies.À l'opposé, plusieurs pays demeurent très peu intégrés au commerce continental. La Libye affiche une contribution nulle, tandis que l'Érythrée, les Comores, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, Sao Tomé-et-Principe, les Seychelles et la Sierra Leone enregistrent chacun une part inférieure à 0,11 %.Au-delà du commerce intra-africain, les échanges globaux de marchandises entre l'Afrique et le reste du monde ont atteint près de 1 500 milliards de dollars en 2025, soit une progression de 6,1 % sur un an. Cette performance intervient malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, les conflits régionaux et les guerres commerciales.Les exportations africaines ont progressé de 6,2 %, pour atteindre 685,2 milliards de dollars, tandis que les importations ont augmenté de 6 %, à 781,5 milliards de dollars. Le déficit commercial du continent s'est ainsi creusé à 96,3 milliards de dollars, contre 91,9 milliards en 2024.Selon Afreximbank, cette dynamique repose sur la montée en puissance de la ZLECAf, le renforcement des politiques commerciales nationales, l'amélioration des infrastructures logistiques ainsi que la hausse des cours des produits agricoles, des minerais et des métaux précieux, rapporte l'agence ecofin.**related_articles[22439-Investissements étrangers : l’Afrique confirme son attractivité ]**