Le Nigeria révolutionne l'éducation de base

Le gouvernement nigérian a lancé HOPE-EDU, un vaste programme d'éducation de base doté d'une enveloppe de 552 millions de dollars, avec l'ambition d'améliorer l'accès à l'école, la qualité de l'enseignement et la résilience du système éducatif.

Présentée par le président Bola Tinubu comme un levier majeur de lutte contre la pauvreté, cette initiative constitue l'un des plus importants investissements jamais consacrés à l'éducation dans le pays.Cofinancé par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l'éducation (Global Partnership for Education), le programme devrait bénéficier à près de 29 millions d'enfants, 500 000 enseignants, 65 000 écoles publiques et 10 000 centres d'apprentissage non formel à travers le Nigeria.HOPE-EDU prévoit une série de mesures destinées à moderniser le système éducatif. Le projet comprend notamment la construction et la réhabilitation d'infrastructures scolaires, l'amélioration des conditions d'accueil des élèves, le renforcement des compétences des enseignants ainsi que le développement de solutions d'apprentissage pour les enfants exclus du système scolaire classique.Un système éducatif confronté à d'immenses défisCe programme intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Selon l'UNICEF, le Nigeria demeure le pays comptant le plus grand nombre d'enfants non scolarisés au monde. Près de 10,5 millions d'enfants, soit un quart des enfants en âge de fréquenter l'école primaire, sont privés d'éducation, les filles représentant environ 60 % de cette population.Les difficultés du secteur vont bien au-delà du manque de scolarisation. Les autorités doivent également faire face à un déficit d'infrastructures, à une pénurie d'enseignants qualifiés et à de fortes disparités régionales et de genre, particulièrement dans les États du nord du pays.Selon un rapport publié par l'ONG nigériane dRPC, les taux d'achèvement du cycle primaire restent limités, avec 59 % chez les garçons contre 51 % chez les filles, tandis qu'au secondaire, ces taux chutent respectivement à 42 % et 36 %.Des investissements encore insuffisantsEn parallèle de l'action gouvernementale, le secteur privé renforce également son engagement. La Fondation Aliko Dangote prévoit d'investir 1 000 milliards de nairas (environ 725,5 millions de dollars) dans l'éducation au cours des dix prochaines années. L'initiative ciblera notamment les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), la scolarisation des filles et la formation des enseignants.**related_articles[22535- Intelligence artificielle : Le Nigeria, leader africain]**