La ZLECAf mise sur une infrastructure numérique pour accélérer le commerce africain

Le commerce intra-africain pourrait franchir une nouvelle étape avec la création d’une infrastructure numérique continentale destinée à simplifier les transactions transfrontalières et à faciliter l’accès des entreprises africaines aux différents marchés du continent.

Le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et la Fondation ADI ont conclu, samedi 18 juillet à New York, un accord portant sur la création d’une coentreprise chargée de mobiliser les ressources nécessaires au développement de cette plateforme numérique.Cette initiative vise à répondre à l’un des principaux défis du commerce africain : la fragmentation des systèmes numériques, financiers et administratifs entre les pays. Selon les estimations avancées dans le cadre du projet, ces obstacles engendreraient jusqu’à 100 milliards de dollars de coûts supplémentaires chaque année pour les économies africaines.L’ambition affichée est de réduire considérablement ces pertes au cours des cinq prochaines années grâce à une meilleure intégration des systèmes de paiement, à la dématérialisation des documents commerciaux et à une circulation plus fluide des informations entre les acteurs économiques.D’après la ZLECAf, la future infrastructure pourrait permettre de diminuer jusqu’à 90 % les coûts liés aux règlements des paiements commerciaux transfrontaliers. Elle devrait également offrir aux entreprises de nouveaux moyens d’accéder au financement en facilitant la valorisation d’actifs comme les stocks ou les factures certifiées.Le projet repose sur trois grands piliers. Le premier consiste à créer des identités commerciales numériques vérifiables afin de permettre aux banques et aux partenaires économiques d’évaluer plus facilement la fiabilité des entreprises. Le deuxième vise à numériser et sécuriser les documents commerciaux pour réduire les délais et les charges administratives. Le troisième prévoit l’interconnexion de cette infrastructure avec les plateformes numériques et les systèmes de paiement déjà existants sur le continent.Les premiers tests devraient commencer à partir de fin 2026 dans plusieurs corridors commerciaux pilotes sélectionnés dans le cadre de la ZLECAf. Une généralisation progressive est ensuite prévue afin d’atteindre une couverture continentale complète à l’horizon 2030.Construite sur la base de normes ouvertes, cette infrastructure devra également respecter le cadre réglementaire de la ZLECAf, notamment les dispositions relatives au commerce numérique.Au-delà de la facilitation des échanges, le projet ambitionne d’intégrer davantage de petites et moyennes entreprises au commerce continental. Les PME, ainsi que les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes, rencontrent encore d’importantes difficultés liées au financement, aux paiements transfrontaliers et à la reconnaissance de leur identité commerciale.À terme, la ZLECAf et la Fondation ADI estiment que cette transformation numérique pourrait stimuler fortement le commerce intra-africain, réduire le déficit de financement commercial et favoriser la formalisation de millions de petites entreprises. Les projections évoquent un potentiel pouvant atteindre 900 milliards de dollars de production supplémentaire pour les économies africaines d’ici 2030.**related_articles[22514-L’intégration du marché africain, clé de la compétitivité du continent ]**