Nairobi mise sur la science et la biodiversité pour changer son économie
Le Kenya veut faire de sa richesse biologique un nouveau levier de croissance.
Le pays a lancé sa Stratégie nationale pour la bioéconomie 2026-2036, une feuille de route décennale destinée à faire de l’innovation fondée sur les ressources biologiques un moteur de transformation économique et industrielle.Présentée récemment à Nairobi par le Premier ministre Musalia Mudavadi, cette stratégie vise à rapprocher davantage recherche, science, innovation et production, afin de transformer les connaissances scientifiques en applications industrielles et commerciales.L’objectif est notamment d’accroître la valeur créée à partir des ressources biologiques du pays dans plusieurs secteurs stratégiques: agriculture, santé, énergie, industrie manufacturière et biotechnologies.Transformer la richesse biologique en emplois et en valeur ajoutéePour le gouvernement kényan, la bioéconomie représente également un moyen de répondre à plusieurs défis structurels. Nairobi entend notamment renforcer la résilience du pays face au changement climatique, créer davantage d’opportunités économiques pour les jeunes et réduire sa dépendance aux exportations de matières premières.«Notre ambition est claire : transformer la recherche en solutions, l’innovation en initiatives entrepreneuriales et la richesse biologique du Kenya en prospérité durable pour notre population», a déclaré Musalia Mudavadi.La stratégie entend ainsi favoriser l’émergence d’activités à plus forte valeur ajoutée, en encourageant la transformation locale des ressources et le développement de nouvelles chaînes industrielles.47 parcs industriels pour soutenir la transformation localeLe lancement de cette feuille de route intervient alors que le Kenya accélère parallèlement le développement de son tissu industriel. Le gouvernement prévoit notamment la création de 47 parcs industriels à travers le pays, avec pour objectif de soutenir la transformation locale des productions issues des différents comtés.La bioéconomie vient ainsi compléter une politique industrielle plus large visant à faire passer progressivement le Kenya d’une économie davantage tournée vers l’exportation de matières premières à un modèle privilégiant la transformation, l’innovation et la production locale.Cette ambition s’inscrit dans le programme national de transformation économique, qui prévoit d’augmenter la contribution du secteur manufacturier au PIB de 7% actuellement à 15% en 2027, puis à 20% en 2030.Avec sa stratégie 2026-2036, Nairobi mise donc sur la convergence entre science, ressources biologiques et industrie pour créer de nouvelles sources de croissance et renforcer la compétitivité de l’économie kényane au cours de la prochaine décennie.**related_articles[22657-Criminalité transfrontalière. Le Kenya renforce son arsenal ]**